7 Octobre 2018

Congo-Kinshasa: Le Conseil de sécurité souligne l'opportunité historique que représentent les élections du 23 décembre

Photo: La Prospérité
Machine à voter en RDC

Une délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies a entamé vendredi une visite de 72 heures en République démocratique du Congo (RDC).

Pour la France qui dirige cette délégation du Conseil, les priorités de cette mission en RDC sont les élections prévues avant la fin de l'année, la situation sécuritaire dans le pays, la participation des femmes congolaises et la lutte contre les violences faites à ces dernières.

« Le Conseil de sécurité doit mettre tout son poids au service de notre objectif prioritaire : des élections le 23 décembre, crédibles, transparentes, dans un climat apaisé », a déclaré vendredi soir François Delattre, le Représentant permanent de la France à l'ONU, lors d'un point de presse à Kinshasa, la capitale de la RDC.

La RDC doit tenir des élections le 23 décembre 2018. Des élections à laquelle le Président Joseph Kabila a déclaré ne pas se présenter, conformément à la constitution du pays.

Samedi, la délégation du Conseil de sécurité a eu un entretien « important et approfondi » avec le Président Kabila. Un entretien jugé comme le « moment fort de la mission du Conseil de sécurité à Kinshasa », selon M. Delattre.

« Nous avons marqué la volonté du Conseil d'accompagner la RDC sur le chemin de la paix, de la stabilité et de la prospérité », a dit l'Ambassadeur français à l'issue de l'audience accordée par le Président Kabila à la délégation du Conseil. « Les élections du 23 décembre marquent une opportunité historique sur ce chemin. Elles ouvrent en effet la voie à une première transition démocratique et pacifique du pays », a souligné M. Delattre. « C'est pourquoi il est cruciale que les élections du 23 décembre soient crédibles et transparentes et se tiennent dans un climat apaisé », a-t-il ajouté.

Rencontres avec la CENI, la CENCO et la société civile

Arrivée à Kinshasa vendredi après-midi, la délégation du Conseil de sécurité a eu, dès le premier jour de sa visite, une « séance de travail » de deux heures avec le bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). L'occasion pour la CENI d'échanger avec les membres du Conseil sur les avancées et les défis du processus électoral.

Le président de la CENI, Corneille Nangaa, a remercié le Conseil de sécurité pour l'appui considérable de l'ONU aux élections. « Nous avons aujourd'hui plus de 130 experts internationaux de la MONUSCO qui sont nos conseillers », a rappelé M. Nangaa lors d'un point de presse à l'issue de sa rencontre avec la délégation du Conseil, tout en soulignant que le gouvernement de la RDC « a pris l'option de ne pas solliciter d'autres appuis financiers et logistiques des partenaires ».

M. Nangaa a cité devant les journalistes la nécessité de concilier un double impératif : la crédibilité des élections et leur tenue le 23 décembre. « Le 23 décembre se tiendront les élections en République démocratique du Congo », a-t-il assuré.

Le Conseil de sécurité s'est également entretenu samedi avec la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) qui a permis au gouvernement et à l'opposition de signer l'accord de la Saint-Sylvestre le 31 décembre 2016. Selon les termes de cet accord, des élections devaient être organisées avant la fin de l'année 2017. Les élections ont finalement été annoncées pour le 23 décembre 2018.

Pour la CENCO, la rencontre avec la délégation du Conseil fut l'occasion d'exprimer « les craintes, les difficultés et les inquiétudes » liées aux processus électoral en RDC, mais aussi de souligner que « le processus est en train d'avancer ».

« La CENCO n'a cessé d'inviter les acteurs politiques et sociaux à chercher le consensus autour des problèmes qui les divisent », a déclaré l'Abbé André Masinganda, le premier secrétaire général adjoint de la CENCO, au micro de Radio Okapi, citant les problèmes liés au fichier électoral et à la machine à voter.

Une machine à voter que rejette la société civile congolaise et qui a eu l'occasion de le dire aux membres du Conseil de sécurité lors d'un entretien samedi.

« Nous avons un peuple qui n'est pas instruit. On lui impose des choses qui ne peuvent pas lui permettre prochainement de pouvoir être en mesure de les utiliser », a expliqué Godet Kayemba, le président de la LIZADEL, une organisation non-gouvernementale qui a participé à la rencontre avec la délégation du Conseil, lors d'un entretien accordé à Radio Okapi.

« Nous pensons que la communauté internationale doit peser de son poids pour écarter cette machine à voter », a ajouté M. Kayemba, affirmant que la société civile a également soulevé les problèmes de sécurité qui frappent la population congolaise.

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