Cameroun: Résultats présidentielle - Kamto se chatouille pour rire

Maurice Kamto lors d'n meeting dans la campagne electorale à Yaoundé.
analyse

Vingt-quatre heures après l'élection présidentielle, les 8 candidats et les 25 millions de Camerounais étaient toujours dans l'attente des résultats provisoires.

Enfin, pas tous, puisque dès hier Ouragan Cabral (Cabral Libii), le benjamin de la course, se convainquait que Paul Biya avait été balayé. Pour lui, « une page est tournée et une autre ouverte ». Maurice Kamto, le principal challenger du président sortant, lui, ne s'est pas gêné pour revendiquer carrément la victoire en faisant dans la métaphore footballistique du « penalty historique » qu'il a tiré et marqué. Et d'inviter son adversaire désormais vaincu à « organiser une passation pacifique du pouvoir afin de mettre le Cameroun à l'abri d'une crise postélectorale dont notre pays n'a nullement besoin ».

Pendant que les prétendants à sa succession s'agitent, comme à son habitude le locataire du palais d'Etoudi, qui ne s'était pas décarcassé pour mener une campagne digne de ce nom, se mure dans le silence, laissant à ses porte-flingues la charge de la contre-attaque. Des « allégations narcissiques, fantasmagoriques et loufoques », a répliqué le ministre de l'Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, qui à l'image du camp présidentiel se dit optimiste et serein.

On s'achemine donc vers la polémique et la contestation électorales concernant un scrutin dont les résultats ne faisaient aucun doute pour les observateurs de la scène politique camerounaise. On se demande, en effet, si celui qui fut dans une autre vie ministre de la Justice du natif de Mvomeka'a y croit vraiment ou s'il se chatouille juste pour rire, tant déboulonner le vieil homme de 85 ans, qui a poussé des racines sur le fauteuil présidentiel, semble illusoire.

Et ce n'est pas dans une démocrature corsetée de toutes parts comme celle-là que celui qui n'est pas loin de considérer le Cameroun comme son patrimoine personnel va organiser des élections... et les perdre. Il est donc fort probable que les appartements présidentiels soient directement connectés au serveur d'Elecam, les seules inconnues attendues par le monarque étant son score ainsi que le taux de participation qu'on imagine très faible notamment en raison des perturbations qui ont fait plusieurs morts dans les zones anglophones.

Mais pense-t-on vraiment que celui qui est en passe de renouveler son bail pour sept longues années a atteint un stade de raffinement démocratique tel qu'il pourrait se soucier de l'abstention susceptible d'entamer sa légitimité si elle était particulièrement élevée ? Comme dit un proverbe africain, celui qui incendie les cimetières ne craint pas les cris des fantômes. Et l'octogénaire qui est en voie de « mugabisation »serait élu par moins de 20% des 6,6 millions d'électeurs que ça ne le gênerait pas outre mesure.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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