11 Octobre 2018

Congo-Kinshasa: Conseil de l'Union européenne - Un recours de Kinshasa vise la levée des sanctions contre quinze officiels congolais

Les personnalités incriminées sont accusées de violations graves des droits de l'homme ainsi que d'entrave au processus électoral et à la liberté de la presse dans leur pays.

Le dossier des sanctions de l'Union européenne et du gouvernement américain prises contre quinze personnalités congolaises œuvrant dans les institutions du pays vient de rebondir. Alors qu'on croyait l'affaire se tasser à cause du silence observé par les concernés qui ont donné l'air d'avoir finalement digéré ce qui leur est arrivé, les voilà qui redonnent de la voix. Avec l'appui du gouvernement qui vient de s'investir dans la quête de la levée de ces sanctions via une récente requête introduite par ses avocats au Conseil de l'Union européenne, tout porte à croire que tout est mis en œuvre pour obtenir réparation de ce qui est considéré comme une décision injuste. « Les autorités congolaises ont le droit d'introduire une demande pour la levée d'une mesure prise contre eux injustement, en violation du droit international », a martelé Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement, également visé par les sanctions européennes.

La volonté pour les quinze personnalités incriminées de recouvrer leur dignité perdue est manifeste. Car, à la suite de l'initiative gouvernementale, le candidat du Front commun pour le Congo à la présidentielle de décembre avait déjà donné le ton. Emanuel Ramazani Shadary avait, avec les quatorze autres officiels congolais frappés, demandé à l'UE de lever ces sanctions « humiliantes, dégradantes et disproportionnées » que Bruxelles leur a imposées. Deux avocats au barreau de Bruxelles et de Paris font le suivi du dossier, indépendamment de l'initiative gouvernementale.

Le dauphin de Joseph Kabila et ses amis exigent le respect de leur droit fondamental d'être entendus et la levée des mesures restrictives injustement prises à leur égard (gel des visas et d'éventuels avoirs en Europe). Et parallèlement à la demande de voir l'ensemble des mesures restrictives levées, les quinze personnalités concernées ont chargé leur avocat de porter cette affaire devant le tribunal de l'Union européenne. Leurs avocats ont, par ailleurs, évoqué dans leur communiqué « un grave préjudice d'image à des personnes qui pour certaines sont candidates aux scrutins électoraux majeurs qui se tiendront le 23 décembre ».

Autant dire que le gouvernement est déterminé à recourir à tous les moyens légaux jusqu'à obtenir la levée des sanctions européennes qui frappent ces quinze personnalités, accusées de violations graves des droits de l'homme et d'entrave au processus électoral ainsi qu' à la liberté de la presse en RDC. « Il n'y a aucun intérêt matériel dans cette démarche mais il est question de notre réputation, en tant que père de famille et homme politique. Nous avons droit à ce que notre réputation soit intègre », a affirmé le porte-parole du gouvernement.

Toutefois, au-delà des considérations purement politiciennes, certaines langues avancent des raisons financières qui motiveraient la démarche des personnalités sanctionnées. D'après une source proche de l'Association congolaise des banques, citée par 7sur7.cd, « les sanctions occidentales ont conduit les banques congolaises à geler plus ou moins trente-cinq millions de dollars ». Et de confirmer les fortes pressions exercées sur les différentes filiales des banques européennes opérant en RDC par les personnalités dont les avoirs ont été gelés. Il aurait fallu, a-t-on appris, l'arbitrage de la Banque centrale du Congo et du ministre de la justice, Alexis Thambwe Muamba, pour tempérer les ardeurs des uns et des autres.

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