Guinée: L'opposition appelle à deux journées «ville morte» dans tout le pays

Dans les quartiers favorables à l'opposition de Conakry, la circulation n'a repris qu'en fin de journée, mardi 16 octobre (photo d'illustration).

En Guinée, c'est journée ville morte à Conakry et dans les grandes villes du pays, ce lundi et mardi, à l'appel de l'opposition guinéenne. Cet appel vise à dénoncer des irrégularités quant à l'installation des exécutifs des conseils communaux. L'opposition accuse notamment le RPG, le Rassemblement du peuple de Guinée, le parti au pouvoir, de corruption et de n'installer ces exécutifs qu'au compte-goutte, une fois que les conseillers lui sont favorables. Des accusations infondées selon les autorités.

L'opposition se dit frustrée par les irrégularités qui entachent l'installation des exécutifs des conseils communaux. Pour l'Union des forces démocratiques de Guinée, l'UFDG, ces irrégularités se font en violation des dispositions légales et surtout de l'accord politique du 8 aout 2018.

Cellou Dalein Diallo, est le président de l'UFDG. Il reproche au Rassemblement du peuple de Guinée, au pouvoir et aux administrateurs territoriaux de mener des opérations de corruption. « Aujourd'hui, on a aucune visibilité sur le calendrier d'installation des exécutifs dans les communes. Ils n'ont pris aucun acte. Ils installent à leur guise lorsqu'ils se rendent compte qu'ils sont suffisamment forts, qu'ils ont corrompu, acheté les consciences des élus de l'opposition, explique-t-il. C'est inacceptable ! L'opposition ne peut plus accepter cela et elle a décidé de reprendre sa série de manifestation ».

Des accusations infondées selon la mouvance présidentielle. Le RPG estime que ces retards et cette absence de visibilité du calendrier ne leur sont pas imputables. « Nous sommes soumis à un processus de calendrier défini par le ministère en charge de l'administration des territoires, se justifie Souleymane Keita, le coordinateur de la cellule communication du RPG. Nous ne sommes pas dans un "parti-Etat", c'est vrai que le RPG est le parti au pouvoir mais la gestion du parti est toute autre. Il n'y a pas de confusion possible, cela ne relève pas de nous ».

Le 8 aout 2018, opposition et pouvoir avaient signé un accord sensé mettre un terme à six mois de crise post-électorale. Cet accord de compromis devait ouvrir la voie à l'installation des élus locaux sur l'ensemble du territoire.

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Plus de: RFI

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