17 Octobre 2018

Guinée: Un jeune tué à Conakry lors d'une journée «ville morte»

Photo: © RFI/Carol Valade
Dans les quartiers favorables à l'opposition de Conakry, la circulation n'a repris qu'en fin de journée, mardi 16 octobre (photo d'illustration).

Un jeune a été tué mardi 16 octobre à Conakry lors de la seconde journée « ville morte » organisée par l'opposition guinéenne qui dénonce la corruption et des manipulations dans la mise en place des conseils communaux.

Comme lundi, la route traversant les quartiers réputés favorables à l'opposition était bloquée à Conakry, la capitale guinéenne. L'intervention musclée de policiers dans la matinée n'a pas permis de déloger les jeunes qui avaient installé des pierres et des pneus brûlés pour empêcher le passage.

Cette intervention de la brigade anticriminalité (BAC) a coûté la vie à un jeune homme, victime d'un tir des forces de l'ordre, comme en témoigne l'un de ses proches. « Les forces de l'ordre ont pourchassé les jeunes et il a été atteint par une balle à la poitrine, rapporte-t-il. Un ami du quartier m'a appelé et m'a dit qu'un autre jeune avait été tabassé par les forces de l'ordre. »

Dans ces quartiers-là de Conakry, la circulation a repris petit à petit en fin de journée.

Des blessés à Kindia

La tension est également très forte à Kindia, à une centaine de kilomètres de la capitale, où l'entrée en fonction du maire est contestée par les opposants de l'UFDG. Routes bloquées, magasins fermés. Plusieurs personnes ont été blessées dans des affrontements entre militants de l'opposition et du parti au pouvoir. On compte aussi des dégâts matériels, une mosquée et des maisons attaquées, ainsi que certaines boutiques pillées.

A Kindia, les forces de l'ordre ne sont pas intervenues directement, elles ont utilisé des gaz lacrymogènes pour maintenir les manifestants à distance des lieux stratégiques, comme la mairie.

Plus de sept mois après les élections locales, l'opposition guinéenne dénonce des irrégularités quant à l'installation des exécutifs communaux. Elle accuse notamment le Rassemblement du peuple guinéen (RPG), le parti au pouvoir, de corruption. Elle l'accuse aussi de n'installer les exécutifs qu'au compte-gouttes, une fois certain que les conseillers lui seront favorables.

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