17 Octobre 2018

Afrique Centrale: La CEEAC s'imprègne de la crise postélectorale

Le chef de l'Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, président en exercice de la communauté sous-régionale, a dépêché dans le pays, le 16 octobre, Ahmad Allam-mi pour s'informer de la situation qui y prévaut après des élections législatives, locales et régionales.

La crise postélectorale à Sao Tomé et Principe est, en effet, sur le point de se transformer en une crise politique et sociale, avec les partis de l'opposition et de la majorité qui réclament chacun la victoire aux élections générales du 7 octobre.

Devant le président santoméen, Evaristo Carvalho, le secrétaire général de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC), Ahmad Allam-mi, a déclaré : « Je suis porteur d'un message de votre homologue et frère du Gabon, en sa qualité de président en exercice de notre organisation sous-régionale, la CEEAC, et suis venu m'imprégner de la situation postélectorale, afin de lui rendre compte à mon retour... ».

Après avoir reçu le message du président en exercice de la CEEAC, le chef de l'Etat saotoméen s'est félicité de la promptitude avec laquelle son homologue du Gabon, Ali Bongo Ondimba, a réagi. Une preuve du souci constant qui anime les dirigeants de la communauté en vue d'étouffer dans l'œuf toute velléité de violence pouvant arriver à la suite d'un scrutin.

En outre, le président Evaristo Carvalho s'est dit disposé à rechercher par tous les moyens les solutions pacifiques à cette contestation. Le chef de l'Etat santoméen a retracé le déroulement de tout le processus électoral et les contestations de certains résultats qui en ont découlé, se félicitant par la même occasion de l'implication de la CEEAC, des Nations unies et de l'implication des anciens chefs d'Etat, Manuel Pinto da Costa et Miguel Trovoada, dans ce processus.

Par ailleurs, le secrétaire général de la CEEAC a échangé longuement avec le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, chef du Bureau régional des Nations unies pour l'Afrique centrale, Louncény Fall, avant d'être reçu à la Cour constitutionnelle.

Le pays au bord du chaos à la suite des élections

Contrairement aux déclarations unilatérales de victoire des deux camps, les résultats provisoires du scrutin permettent à l'opposition de gouverner, conformément à la Constitution. Récemment, la juge Natacha Amado Vaza a présenté à la Cour constitutionnelle sa démission du poste de présidente du bureau de dépouillement du district de Água Grande, suite aux accusations de fraudes concernant le décompte des voix. A la polémique l'impliquant, s'en sont suivies des émeutes, au soir du 8 octobre, au cours desquelles la voiture de la juge a été brûlée devant la représentation de la Commission électorale du district de Água Grande.

Dans un communiqué, la juge a rappelé que sa participation aux travaux est une pratique qui se fait à tous les processus électoraux et qu'il « n'y a eu aucune tentative de fraude électorale ». Selon le même communiqué, tous les travaux effectués se déroulent en présence des observateurs de la Communauté des pays de langue portugaise. La juge a indiqué qu'elle démissionnait de la Cour constitutionnelle « pour éviter toute suspicion de fraude » la concernant.

Entre-temps, le parti de l'Action démocratique indépendante ( ADI, au pouvoir), qui a obtenu à la majorité simple vingt-cinq députés, d'après les résultats provisoires de la Commission électorale nationale, a organisé, vendredi dernier, une manifestation pacifique pour appeler à la paix à São Tomé et Principe. La veille, le Premier ministre sortant, Patrice Trovoada, avait déclaré lors d'un entretien publié par la presse publique que l'ADI « gouvernera d'une main forte jusqu'au bout ».

São Tomé and Príncipe

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