17 Octobre 2018

Sénégal: Sécurité alimentaire - La petite côte entre un hivernage mi-figue, mi-raisin et la raréfaction du poisson

Le département de Mbour se caractérise par un hivernage mi-figue, mi-raisin et une raréfaction du poisson. La sécurité alimentaire est menacée avec la disparition progressive des exploitations familiales. C'est le constat que l'on peut faire à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation, célébrée hier mardi. Cette situation se traduit par des greniers vides. Malgré la présence des premières récoltes faites de légumineuses, niébé, de maïs et divers féculents sur les marchés.

La situation hivernale à Mbour ne permet pas de nourrir l'espoir de voir les pensionnaires du monde rural traverser la saison sèche en toute quiétude. Un gros nuage est là. La zone du gros mil bassi n'a pas connu des traces de pluie nécessaires à la maturation des récoltes.

Somme toute, quelques variétés hâtives placées, grâce aux programmes spéciaux du ministère de l'Agriculture, ont pu juguler le mal par endroit. Toutefois, l'autosuffisance en mil, du moins en céréales, risque d'accuser un net recul avec un hivernage compromis.

Heureusement, les fruits sauvages comestibles du genre «dankh», «ditakh», etc. font les affaires de vendeuses en quête de revenus. Les éclaircis dans la petite côte sont à attendre, de manière disparate, des contrées du Jegem englobant les communes de Sandiara, Séssène, Fissel, et Ndiaganiao.

Aussi, l'espoir est permis du côté des exploitations espagnoles de pastèque et de melon, avec les nombreux ouvriers agricoles employés, sans compter les cultures hors saison faites dans le cadre du maraîchage (oignon et légumes divers).

Ces activités procurent des revenus plus ou moins substantiels aux cultivateurs qui y trouvent des gains leur permettant de supporter la soudure.

A défaut de se faire ouvriers, portefaix ou dockers dans les ports de Joal-Fadiouth ou de Mbour, certains paysans se rabattent sur la pêche artisanale pour faire face aux conséquences d'un hivernage non prometteur.

Et comme si cette incertitude ne suffit pas, la raréfaction de la ressource halieutique ou du poisson s'invite pour ne pas faciliter les choses.

Les abus et la pêche irrégulière et non réglementaire, des excédents de capture invendus qui, dans un passé récent, étaient déversés à la mer, sont entre autres passé par là. Ces insultes à l'endroit de la nature sont aujourd'hui payées très cher.

Autant de facteurs qui ne militent pas en faveurs de l'atteinte d'une sécurité voire une souveraineté alimentaire et amenuisent les lueurs d'espoirs, les rêves.

Quid des péjorations climatiques et le pillage des ressources ? Les solutions alternatives préconisées sont anéanties par les ambitions des aux acteurs de l'agrobusiness dont les activités menacent des exploitations familiales jadis promptes à assurer des récoltes de mil et de maïs pour des années.

De nos jours, elles reculent en espaces et en productions. Une pareille situation qui pousse à s'interroger sur la mise en œuvre et l'effectivité de concepts du genre souveraineté et sécurité alimentaire.

Sénégal

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