17 Octobre 2018

Burkina Faso: Fleuve Massili - Mort suspecte de poissons

Le 10 octobre 2018, Sidwaya a été alerté au sujet de la mort de plusieurs poissons dans le Massili, cours d'eau du sous-bassin du Nakanbé. Après le constat fait sur les lieux, personne n'est à même de donner une explication claire de cette situation qui soulève du même coup, la problématique de la gestion des ressources en eau.

Des poissons morts flottant sur les eaux, une odeur nauséabonde qui empeste les lieux. C'est le constat fait sur le fleuve Massili dans l'après-midi du 10 octobre 2018. Qu'est-ce qui a bien pu causer cette ''catastrophe" ? Difficile de donner une réponse exacte.

Les riverains et habitants aux alentours du cours d'eau ont leur idée. Juste à une centaine de mètres des lieux, habite le vieux Issa Nacanabo. De son témoignage, il ressort que cette situation est récurrente chaque année.

«Ce sont les eaux usées des usines de Kossodo qui ont tué les poissons», soutient-il. Il précise que c'est uniquement les sardines et les carpes qui meurent.

«Les silures, par contre, survivent», insiste-t-il. Du côté de la direction de la pêche, le directeur Philippe Sawadogo estime qu'en l'absence d'une investigation, seules des hypothèses peuvent être émises sur la mort de ces poissons qui viennent du barrage de Loumbila.

Pour lui, dès les premiers moments, des prélèvements et des analyses auraient pu permettre de situer les causes de cette situation.

Difficile application de la règlementation sur l'usage des pesticides

«Si les déchets de la zone industrielle contiennent un excédent de produits toxiques, cela peut avoir un impact négatif sur la composition du milieu.

L'autre hypothèse est la piste criminelle. Quelqu'un peut déverser des substances néfastes dans l'eau et tuer les poissons. Mais, nous privilégions plutôt la première hypothèse. C'est une pollution», déclare le directeur de la pêche.

A propos de la résistance des silures à cette pollution, Philippe Sawadogo évoque un problème de teneur en oxygène. Car, de son avis, lorsque l'oxygène de l'eau est pollué, les silures ont la capacité de transformer l'oxygène de l'extérieur de l'eau.

Ce que les autres types de poissons ne peuvent faire. C'est pourquoi, M. Sawadogo reconnaît que cette situation pose la problématique de la gestion des ressources en eau. Selon lui, en principe, toutes les unités industrielles doivent traiter l'eau avant de la déverser dans le cours d'eau.

«Tous les produits (les pesticides) que l'on utilise au niveau de l'agriculture sont drainés au niveau des barrages. Cela peut polluer les eaux. Si la ressource en eau est polluée, tout ce que les populations vont consommer peut être pollué.

Pourtant, il y a une règlementation sur l'utilisation des pesticides, mais sa mise en œuvre pose problème. En plus, il y a la difficulté liée à l'ensablement», étaye-t-il.

Le directeur de la pêche fait comprendre que la bonne gestion des ressources en eau nécessite une concertation entre les différents acteurs à savoir le ministère en charge de l'eau, des ressources animales et halieutiques, l'agriculture et l'environnement.

Toutefois, il se dit optimiste puisqu'un comité national sur la pêche et l'aquaculture qui comprend des représentants des différents acteurs des ministères en charge du développement rural a été créé.

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