17 Octobre 2018

Burkina Faso: Wahabou Bara apporte des éclaircissements sur la taxation des œuvres musicales

interview

Les coefficients de taxation des œuvres musicales sont diversement appréciés dans le milieu des artistes musiciens. Dans l'interview qu'il a accordée à Sidwaya, le mercredi 17 octobre 2018, le Directeur général (DG) du Bureau burkinabè du droit d'auteur (BBDA), Wahabou Bara, apporte des éclaircissements sur cette question

En matière de taxation des œuvres musicales, les coefficients diffèrent d'une catégorie de musique à une autre. S'agit-il d'une répartition aléatoire ou d'un calcul rigoureux ?

Les critères de taxation des œuvres musicales tirent leur source d'un arrêté ministériel. Le droit d'auteur est un sous-secteur dont la manifestation se trouve dans la politique nationale de la culture. L'objectif est de promouvoir les identités culturelles du Burkina Faso.

Ces critères sont appliqués, en plus de la filière musique, aux autres œuvres telles que la littérature, l'audiovisuel et l'art plastique. Par exemple, les œuvres musicales, à tendance urbaine (rap, reggae, etc.), bénéficient d'un coefficient 1.

Par contre, celles qui mettent en avant le patrimoine national, ont un coefficient plus élevé. La musique reggae est taxée selon son genre et non son origine. Ce qui signifie qu'on peut faire une musique d'origine reggae mais dans un genre tradi-moderne afin de bénéficier d'un coefficient plus élevé.

Et les éléments utilisés sont, entre autres, la primauté de la langue, l'orchestration, etc. Pour pallier toutes ces difficultés, ma structure a mis en place une commission technique d'identification des œuvres littéraires et artistiques, afin de faire des propositions lors du prochain conseil d'administration.

 Selon le Syndicat national des artistes musiciens du Burkina (SYNAMUB), il s'agit d'une classification entre musique « sérieuse » et musique « légère ». Qu'en pensez-vous?

Effectivement, les notions de musique sérieuse et légère sont évoquées dans ce même arrêté ministériel. Ce qui touche la sensibilité des uns et des autres.

J'avoue qu'à l'époque, lorsque j'étais membre de l'association des producteurs et éditeurs de musique, nous avons interpellé le BBDA sur cette appellation. Elle est dépréciative. C'est pourquoi, nous travaillons, actuellement, à relire cet arrêté.

La même structure soutient que les conditions de travail de ses membres sont déplorables. Lors d'une conférence de presse, elle a parlé d'une clochardisation des artistes. Partagez-vous ce point de vue ?

Le terme clochardisation est un peu trop fort. C'est une question de lutte permanente. L'amélioration des conditions de vie de l'artiste burkinabè est un processus. Et le droit d'auteur, à lui seul, ne peut pas répondre à cette préoccupation majeure.

Car, c'est dans un ensemble d'énergies fédérées que nous trouverons des solutions aux conditions de vie des artistes. Le faible coefficient ne participe pas à la clochardisation d'un artiste.

Par exemple, Imilo Lechanceux a reçu le droit d'auteur le plus élevé, lors de la répartition de mai dernier. Alors que son œuvre était classée dans le coefficient 1. C'est pour dire que l'exploitation de l'œuvre n'est pas tributaire au coefficient.

De même, le droit d'auteur ne peut pas mettre fin à la clochardisation. C'est un tout. Car, il faut d'abord les conditions de création, de production et de diffusion de l'œuvre pour aspirer à une bonne exploitation.

 Lors de la dernière Semaine nationale de la culture (SNC), deux podiums live ont coûté 250 000 francs CFA et deux play-back, 150 000 francs CFA. De tels montants ne participent-ils pas à l'appauvrissement des artistes?

Comme je l'ai dit précédemment, c'est toute une chaine qu'il faut voir. La SNC est une vitrine de promotion de la culture burkinabè et de rencontre d'un public cible. Pour un artiste qui veut se faire de l'argent, son objectif n'est pas la SNC.

Il faut donc voir la SNC comme un tremplin pour les artistes. Celui qui décide d'aller à la SNC, ne doit pas se plaindre pour un cachet.

L'accent doit être mis sur les prestations du secteur privé, les particuliers. C'est lors de ces occasions que les artistes doivent donner leur voix, afin d'avoir des cachets plus intéressants.

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