17 Octobre 2018

Tchad: La grève des enseignants pénalise de nombreux élèves

Deux semaines après le lancement de la rentrée scolaire, les écoles publiques restent fermées. Ceci est la conséquence d'une grève générale qui dure depuis bientôt six mois.

Depuis le 1er octobre, seules les écoles privées fonctionnent alors qu'elles sont pour la plupart trop chères pour les enfants dont les parents sont démunis.

Désolation et tristesse c'est ce qu'on peut lire sur le visage de nombreux parents et élèves des écoles publiques qui assistent impuissants au bras de fer entre gouvernement et syndicats.

Sandrine Yonal, élève en classe de Terminale au Lycée Félix Eboué, établissement public est l'un de ses nombreux enfants qui se tournent les pouces à la maison, pendants que d'autres enfants sont à l'école. "C'est écœurant de constater que nos amis du quartier ont commencés les cours depuis deux semaines, alors que nous autres, nous sommes à la maison. Et à la fin de l'année on va nous soumettre les mêmes matières aux examens. L'école tchadienne est faite pour les enfants des riches," s'indigne la lycéenne.

Les syndicats campent sur leurs positions

Freeman Sandjibaye est du même avis. Pour cet enseignant, l'avenir du pays qui est hypothéqué. "C'est dommage parce que l'école relève du domaine du publique, les écoles privées ne font qu'accompagner l'État dans ce travail malheureusement pour le président Deby et son parti MPS (Mouvement patriotique du salut), l'école ne fait pas partie de leurs préoccupations puisque leurs enfants ne sont pas au Tchad, donc ça ne leur dit absolument rien," s'offusque l'enseignant avant de poursuivre : "Le gouvernement tchadien s'est lancé dans une lutte contre les pauvres. Le syndicat a décidé d'oculter de nombreux avantages, il demande seulement que le gouvernement reverse l'augmentation générale spécifique sur les salaires de maniére à ce qu'ils puissent reprendre le travail."

En face, le gouvernement reste imperturbable et appelle les enseignants à reprendre leurs activités. Leurs refus entraineraient des sanctions selon Aboubakar Sidick Tchoroma, ministre de l'éducation nationale. "Aux enseignants j'en appelle à leur responsabilité en tant qu'éducateur, l'élève tchadien a déjà des problèmes de niveau que tout le monde décrie. L'enfant tchadien ne mérite pas une telle sanction, le fait que les enfants ne soient pas scolarisés tout le mois d'octobre et qu'ils reprennent seulement au mois de novembre cela va avoir un impact sur le niveau scolaire. J'ai donné des instructions aux inspecteurs, aux délègués, aux chefs d'établissements en leur demandant d'établir des liste de présence, les enseignants qui ne seront pas là seront considérés grévistes, on transmettra la liste à qui de droit et ils devront assumer," conclut le ministre.

A défaut d'aller à l'école, bon nombre d'élèves des écoles publiques se sont transformés en vendeurs ambulants. Pour certains observateurs tchadiens, ces enfants qui ne vont pas à l'école constituent un réservoir d'insécurité.

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