21 Octobre 2018

Burkina Faso: Campagne nationale d'empoissonnement - 10 millions d'alevins pour peupler les plans d'eau du Burkina Faso

Le ministère des Ressources animales et halieutiques a procédé le vendredi 19 octobre 2018 à Samendéni, au lancement de la campagne nationale d'empoissonnement des plans d'eau et enclos piscicoles de l'année 2018.

10 millions d'alevins devraient être lâchés dans toutes les régions au cours de cette campagne.

Le gouvernement burkinabè, à travers le ministère des Ressources animales et halieutiques, veut exploiter à fond le potentiel piscicole dont dispose le pays. C'est dans ce cadre qu'a été entrepris, depuis quelques années, la campagne nationale d'empoissonnement des plans d'eau et enclos piscicoles. Après le barrage de Yakouta (le Séno) en 2015, celui de Ziga (dans l'Oubritenga) en 2016, et celui de Léri (dans le Sourou) en 2017, c'est au tour du barrage de Samendéni de servir de cadre pour le lancement officiel de cette campagne. La cérémonie a eu lieu le vendredi 19 octobre, sur le site dudit barrage, sous la présidence du chef du département des ressources animales et halieutiques, Sommanogo Koutou. 20 000 alevins de type tilapia communément appelés carpes ont été ainsi lâchés dans la cuvette du barrage de Samendéni. Cet empoissonnement, selon le ministre, est un acte d'interpellation et de conscientisation de tous les Burkinabè, vu que les 4/5 de la consommation en produits halieutiques proviennent de l'importation.

La politique nationale, a poursuivi Sommanogo Koutou, entend accroître la production domestique nationale du poisson, de 20.000 tonnes en 2015 à 30.000 à l'horizon 2020. L'atteinte de cet objectif, à écouter le ministre Koutou, sera possible, avec « le renforcement des capacités des acteurs du domaine, le financement du secteur des ressources halieutiques, et le renforcement de la recherche en matière de pêche et d'aquaculture ». Sommanogo Koutou a, en outre, confié qu'à l'issue de la présente campagne, plus de 10 millions d'alevins seront déversés dans les plans d'eau et les infrastructures aquacoles, à travers tout le territoire national.

Des matériels pour appuyer la pêche

Le choix de la région des Hauts-Bassins, et particulièrement du barrage de Samendéni pour recevoir les premiers alevins de la campagne, aux dires du ministre, ne relève pas de l'aléatoire. « Samendéni est le troisième plus grand barrage du pays, et la région des Hauts-Bassins occupe le deuxième rang de la production halieutique domestique nationale avec 4000 tonnes par an », a avancé Sommanogo Koutou. Une occasion pour le maire de la commune rurale de Bama (commune dont le barrage fait partie), Lassina Gondé, de remercier ce choix. Le sous-secteur des ressources halieutiques, a soutenu le maire de Bama, demeure important dans la vie quotidienne des populations riveraines du plan d'eau, en ce sens qu'il génère des emplois et des revenus. « Le barrage en lui-même constitue un honneur et un privilège pour la commune de Bama ainsi que toutes les communes riveraines du barrage », a reconnu Lassina Gondé.

Le ministre, dans son discours de lancement, a aussi invité les populations à une prise de conscience « individuelle et collective » pour une gestion durable des ressources naturelles dont celles halieutiques. Dans la foulée, le ministre a évoqué le cas de mort suspecte de poissons, enregistrée ces derniers jours dans la rivière du Massili. Les techniciens, a assuré le ministre, sont à pied d'œuvre pour nous éclairer la situation. Mais sans savoir exactement la cause de cette catastrophe, il pointe déjà du doigt l'utilisation abusive des produits toxiques au niveau des domaines de l'agriculture et l'orpaillage. Le président de l'Union nationale des pêcheurs du Burkina Faso, Oumarou Wonni, a apprécié la campagne d'empoissonnement à sa juste valeur. Il y voit déjà à travers ce geste, un moyen pour lutter contre le chômage. Un lot de matériels de pêche a été symboliquement remis aux exploitants du plan d'eau de Samendéni. Composé de pirogues, de filets de pêche, de glacières, et de pelotes de fils, ce matériel a un coût global de 8.250.000 FCFA. Les pêcheurs burkinabè, comme l'a confié leur premier responsable, comptent maintenant mieux se structurer afin de mener à mieux leur activité en vue de tenir tête à l'importation de poissons.

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