21 Octobre 2018

Burkina Faso: Vaincre la pauvreté rurale

Au Burkina Faso, la pauvreté a un visage rural et féminin. Si bien que la lutte contre le fléau doit être principalement axée sur la promotion du monde rural et de la femme.

En effet, selon l'Enquête multisectorielle continue (EMC) de l'Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), réalisée en 2014 et publiée en 2016, 92% des pauvres au pays des Hommes intègres vivent en milieu rural. Même si cette étude révèle également que l'indice de pauvreté est estimé à 30,4% dans les ménages dirigés par des femmes contre 41% dans ceux pilotés par des hommes, il convient tout de même de reconnaître que dans cette proportion, l'autre moitié du ciel est durement touchée. Et une des principales causes, à notre sens, demeure le faible taux d'accès des filles à l'éducation. De 2011 à 2016 par exemple, le taux brut de scolarisation de celles-ci était de 37,45% au post-primaire contre 40,88% pour les garçons, selon le secrétariat permanent du Conseil national pour la promotion du genre. Au secondaire, la différence est encore plus perceptible : 9,73% contre 15,98%. Dans l'enseignement supérieur, les garçons font au moins le double des filles. Cet état de fait montre à souhait que la jeune fille est souvent maintenue à la maison. Et le Burkina Faso étant un pays rural à plus de 80%, avec une population composée de 52% de femmes, la relation de cause à effet démontre pourquoi la pauvreté y a un visage rural et féminin.

Au-delà du constat, le problème est assez interpellateur et le gouvernement burkinabè, qui en a pleinement conscience, multiplie les efforts en faveur de la femme et de nos « braves paysans ». Raison pour laquelle dans le Plan national de développement économique et social (PNDES), ces volets sont inscrits en lettres d'or. Dans son axe 2 notamment, qui traite du développement du capital humain, il est prévu l'accès de tous à une éducation de qualité, la réduction des inégalités sociales et de genre, et la promotion de la femme comme acteur dynamique de développement. Le PNDES a aussi pour ambition de développer durablement le secteur agrosylvopastoral, faunique et halieutique, qui intéresse au premier chef le monde rural.

Dans ce même élan, des actions sectorielles sont également entreprises ces derniers mois. Pour preuve, le Fonds d'appui aux activités rémunératrices des femmes (FARF) a été placé sous tutelle du ministère en charge de la femme, piloté par Marie Laurence Marchal/Ilboudo, pour une gestion de proximité. En sus, il est prévu une augmentation de la capacité de ce fonds, de concert avec les Partenaires techniques et financiers. Il y a, en outre, la mise en place, lors du dernier Sommet du Traité d'amitié et de coopération (TAC) ivoiro-burkinabè, à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire, d'un fonds conjoint de 250 millions de francs FCFA , qui sera géré par le même département. A cela s'ajoutent des actions de sensibilisation du ministère en zone rurale sur la mise en œuvre des politiques en faveur des femmes.

Tous ces efforts du gouvernement méritent d'être soutenus pour une autonomisation économique de celle qui donne la vie, et du monde rural dont nous sommes tous issus, d'une manière ou d'une autre. Chacun doit donc y contribuer et c'est l'occasion pour nous d'appeler à une vraie trêve des revendications sociales afin de permettre à l'Etat d'apporter son assistance, un tant soit peu, à la plus grande masse qui vit dans l'indigence. Comme on le dit souvent, parmi les urgences, il y a plus urgent. C'est en intégrant cette donne dans nos actions quotidiennes que nous allons faire œuvre utile et permettre au Burkina Faso de compter davantage dans le concert des nations.

Burkina Faso

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