21 Octobre 2018

Ile Maurice: Église Universelle - Dans l'univers des «briseurs» de malédictions

Mardi 16 octobre. Peu après midi. Nous sommes à Coromandel, devant nos yeux, se dresse un immense bâtiment moderne à la cour tout aussi vaste. Nous sommes à l'église Universelle, ouverte depuis un peu plus d'un an. Là où l'inouï se produirait et ou les «malédictions» seraient brisées à l'aide de prières et d'huile miraculeuse...

Nous pénétrons dans la cour presque déserte. Deux hommes y sont ; l'un d'entre eux est gardien. «C'est pour la prière ou la consultation ?» nous demande ce dernier. On opte pour la prière et il nous indique que celle-ci aura lieu à 13 heures. Nous décidons de rester pour y assister, mais en attendant, nous nous aventurons autour, histoire de connaître les lieux.

«Je crois qu'il y a quelque chose qui fait que votre vie est comme ça, qu'il y a un mal derrière ça. Nous allons prier pour vous.»

Partant de la gauche, plusieurs salles sont alignées, une «petite» destinée à la prière, des salles où l'on propose possiblement des cours aux enfants, une autre avec des berceaux où, apprend-on, les parents peuvent garder leurs bébés lors des prières. Très pratique, on avoue.

On poursuit la «visite» en passant par une petite porte située à l'arrière du bâtiment qui nous mène au vaste hall d'entrée. Elle est immaculée, lumineuse et au plafond élevé. Dans un coin, sont disposés des instruments de musique et du matériel sonore. Çà et là sont placées des bannières. De plus près, nous constatons qu'il s'agit de témoignages, en anglais, accompagnés de photos de personnes qui disent avoir été «sauvées» par «l'Universelle».

Alors que notre regard se promène toujours, un jeune homme soigneusement habillé et coiffé apparaît. Il s'approche et nous pose aussitôt une série de questions : quelle est la raison de notre visite ? ; est-ce notre première fois ici ? ; quel est le problème que nous rencontrons ? ; où avons-nous entendu parler de l'église ?

On s'abstient toutefois de lui dire qu'avec toutes les affiches placardées à travers l'île, cela devient difficile de les rater... Puis, devons-nous être dans la peine pour aller à l'église ?

Le jeune pasteur auxiliaire est attentif à nos multiples problèmes imaginaires - nous sommes plus que malchanceux et nous avons des problèmes familiaux, lui dit-on. L'échange est cordial et l'écoute active.

«Je crois qu'il y a quelque chose qui fait que votre vie est comme ça, qu'il y a un mal derrière ça», affirme notre interlocuteur. Face à cette réponse inattendue, nous parvenons à peine à dissimuler notre surprise. Mais, il nous rassure : «Nous allons prier pour vous.»

Il nous guide alors vers la «petite» salle de prière dotée d'une centaine de chaises. Un chant religieux y résonne. Quelque chose dans le décor retient tout de suite notre attention : à côté des enveloppes vides et des huiles «miraculeuses», un lecteur de carte bancaire !

Nous prenons place et attendons que commence la prière. Nous sommes très peu nombreux, huit en comptant le pasteur. Après une quinzaine de minutes, ce dernier se met devant pour débuter la séance. Nous faisons ensemble une prière, il enchaîne en nous racontant des passages bibliques. Il a un discours encourageant, parle de foi et d'espoir. Rien qui ne diverge de la norme.

Vers ce qui semble être la fin de la séance, il aborde des «miracles de Jésus». Si dans un premier temps il précise qu'il n'est «pas guérisseur», il soutient qu'il peut guérir, grâce aux pouvoirs que lui confèrent Dieu et la foi de ceux qui souhaitent être guéris. «De la même façon que tu as guéri par le passé tu vas guérir aujourd'hui, lance-t-il alors. (... ) cette personne est fatiguée de prendre des médicaments, d'aller vers les médecins sans voir aucun résultat... Alors aujourd'hui sera le jour de son miracle.» Il vend maintenant du rêve.

Dressant un parallèle avec un passage de la Bible, il nous invite à toucher les manches de sa chemise et à placer nos mains là où nous souffrons ou sur la tête. Nous nous exécutons. Il s'approche de nous, l'un après l'autre, pour une imposition des mains. « (...) Toutes les maladies vont disparaître (... ) Cette migraine, ce problème pulmonaire, ce problème cardiovasculaire, ce problème appelé dépression va disparaître. Mon Dieu, cette personne doit être guérie maintenant», récite avec une ferme conviction le pasteur.

Les mains maintenant posées sur la tête de la première personne, il ordonne à la maladie de «prendre ses bagages et de s'en aller en enfer», entre autres. Puis finit avec un «ssssssors» un peu longuet, avant de répéter l'exercice.

Une autre prière plus tard, il nous demande comment nous nous sentons. Ceux qui souffraient de problèmes de peau ne sont visiblement pas guéris. Mais l'une des personnes qui souffrait apparemment d'une douleur à l'épaule aurait été guérie après la prière. Une jeune fille, elle, pleure à chaudes larmes en racontant le mal-être et la frustration dont elle souffre depuis que sa famille puise des fonds destinés à ses études pour payer des soins à sa mère malade. Elle dit se sentir mieux maintenant.

Nous avons droit à plus d'une quinzaine de minutes d'anecdotes bibliques et d'encouragements et, enfin, nous finissons sur une prière. Juste avant de sortir, le pasteur nous invite à faire une contribution si nous le souhaitons et nous informe aussi des prochaines grandes prières qui auront lieu, notamment les dimanches.

Il faudra repasser pour le 'brisement' de malédictions...

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