23 Octobre 2018

Centrafrique: Inauguration de la Cour pénale spéciale

Photo: MINUSCA
Les juges Michel Landry Louanga (au centre) et Emmanuelle Ducos (2e à gauche) élus Président et Vice-Président de la Cour pénale spéciale de la République centrafricaine.

Cela fait des mois que la Cour pénale spéciale (CPS) était attendue en République centrafricaine où le système judiciaire est en pleine reconstruction. La session inaugurale de la Cour pénale spéciale s'est tenue, ce lundi 22 octobre, à Bangui. Cette Cour, hybride, est composée de 25 juges, 13 nationaux et 12 internationaux pour juger les crimes internationaux commis en Centrafrique de 2003 à aujourd'hui. La crise a détruit un grand nombre de Cours et l'instabilité persistante empêche encore la justice de faire son travail dans certaines régions du pays. La CPS vient ainsi appuyer la justice locale et elle est très attendue.

L'inauguration officielle de la Cour pénale spéciale fut un moment solennel. Si la stratégie de poursuite et d'enquête ne sont pas encore publiques, le Procureur spécial adjoint pour la CPS, Alain Ouaby-Bekaï, revient sur les principes généraux.

« C'est un sentiment de fierté. Pas pour moi seul, mais pour le peuple centrafricain. Nous voulons la justice pour les victimes, suite aux graves crimes qui ont été donc commis dans ce pays. Le président de la République veut la lutte contre l'impunité, qu'il y ait réparation de toutes les victimes et c'est à partir de ces réparations que nous aurons la paix. C'est pourquoi nous pensons que pour nous, Centrafricains, c'est un grand pas. Un grand pas pour la paix en Centrafrique », a-t-il déclaré.

Désormais, les plaintes vont donc pouvoir être déposées et les enquêtes lancées. L'attente est bien-sûr grande du côté des victimes.

« Nous sommes dans l'attente. Les victimes sont dans l'attente du lancement des premières enquêtes. Nous attendons également la publication des critères de poursuite du procureur qui détermineront sa politique pénale. On attend avec impatience. La justice prend du temps, la mise en place des équipes prend également du temps. C'est néanmoins le moment opportun pour lancer les premières enquêtes », a souligné Pierre Brunisso, coordinateur du projet conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme.

Le décompte est lancé. La CPS a désormais cinq ans, à partir d'aujourd'hui, pour mener sa mission à bien.

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