22 Octobre 2018

Guinée: Dadis Camara bientôt à la barre ?

Photo: IRIN
Moussa Dadis Camara

Après neuf longues années de lutte, l'horizon commence à s'éclaircir pour les familles des 157 personnes ayant trouvé la mort, lors des événements du 28 septembre 2009 dans un stade de Conakry, alors qu'elles manifestaient pour réclamer une élection présidentielle sans Moussa Dadis Camara, chef de la junte au pouvoir à l'époque.

En effet, le ministre guinéen de la justice, Cheick Sako, a annoncé à la presse le 20 octobre 2018, la tenue prochaine du procès très attendu de cette affaire. Les audiences, qui se seront délocalisées dans une ancienne salle de ciné de Conakry, devraient aider à faire la lumière sur les circonstances dans lesquelles les militants de l'opposition ont été tués.

Cela, afin de permettre aux familles de faire définitivement le deuil de leurs proches. Comme il fallait s'y attendre, l'ex-président du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) figure parmi les accusés. Moussa Dadis Camara est poursuivi pour meurtre, complicité d'assassinat et de viol.

Ce dernier chef d'accusation lui impute une part de responsabilité dans des viols commis sur une centaine de femmes par les éléments des forces de défense et de sécurité. En exil au Burkina Faso depuis 2010, l'ancien patron de la junte a été inculpé en 2015, par les juges chargés de l'instruction du dossier.

Au moment venu, l'homme devra s'attendre à faire le déplacement de son pays pour s'expliquer sur son éventuelle implication dans la tuerie de ses concitoyens le 28 septembre 2009.

Et déjà, l'étau judiciaire commence à se resserrer autour de lui, puisqu'il était le commandant en chef de l'armée guinéenne, qui n'a pas hésité un seul instant à ouvrir le feu sur la foule.

Reconverti au catholicisme et menant une vie paisible au « pays des Hommes intègres », Dadis doit certainement avoir le sommeil trouble depuis l'annonce de ce jugement par les autorités guinéennes.

En plus de l'ancien homme fort de Conakry, d'autres hauts gradés de l'armée guinéenne comme l'ancien n°2 de la junte, le général Mamadouba Toto Camara, le patron de la sécurité présidentielle, le Lieutenant-colonel Claude Privi, doivent comparaître dans cette affaire de bain de sang.

Sans oublier celui qui occupait les fonctions d'aide de camp, sous le règne de Dadis Camara, Sidiki Aboubakar Diakité plus connu sous le nom de Toumba Diakité.

Le soldat, qui avait pris ses jambes à son cou après la tournure de leur aventure, a été extradé en mars 2017 du Sénégal vers son pays. Regroupées au sein de l'Association des victimes, parents et amis (AVIPA), les familles des victimes (morts, blessées, violées) se réjouissent de cette victoire d'étape.

Leur mobilisation pour réclamer justice pour leurs proches, soutenue par des organisations de défense des droits de l'homme, n'a jamais faibli depuis les événements.

Aux devants de ce combat, on peut citer la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) et l'Organisation guinéenne des droits de l'homme (OGDH). C'est la pression exercée par ces ONG, qui a amené Conakry à accélérer et à boucler l'instruction du dossier.

L'autre paire de manche reste sans doute la mobilisation des ressources destinées au financement du procès.

Estimé à plus de 7 millions d'euros, soit 78 milliards de francs guinéens, le budget qui doit être pris en charge à hauteur de 77% par l'Etat guinéen, est soumis à l'appréciation de l'Assemblée nationale.

Des contributions sont également attendues des Etats-Unis d'Amérique et de l'Union européenne pour combler le gap. Mais peu importe le coût, ce procès doit avoir lieu pour servir de leçon aux acteurs politiques.

Guinée

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