29 Octobre 2018

Gabon: Pourquoi l'opposition n'a pas réussi à mobiliser

Photo: © RFI/Carine Frenk
Lors de l’annonce des résultats provisoires au Gabon le 29 octobre. Au milieu, le président du Centre gabonais des élections, Moïse Bibalou Koumba.

Le Gabon est dans l'attente des résultats du second tour des législatives. Mais dans tous les cas, le PDG au pouvoir est déjà assuré d'avoir la majorité absolue à l'Assemblée nationale. L'opposition est quasiment battue partout.

L'un des phénomènes marquants de ces élections au Gabon est le faible taux de participation même si le Centre national des élections n'a pas encore publié de chiffre global. Et il n'y a pas eu de sursaut lors du second tour. L'opposition n'a pas réussi à remobiliser son électorat potentiel.

Dans le quartier populaire de Nkembo par exemple, beaucoup d'électeurs ont fait le choix de ne pas aller voter. Au premier tour, comme au second. Par dépit, par résignation. « Que je vote ou pas, c'est toujours pareil. En 2016, nous sommes beaucoup à avoir voté pour Jean Ping. On sait ce qui s'est passé à la fin. Donc ça ne va pas changer. Personnellement, je ne vais plus jamais voter », explique dépité, Warren, quand Sophie, elle, s'insurge : « On veut des écoles, on veut des routes. Vous voyez ici, depuis, six mois il n'y a pas d'eau, mais nous payons les factures de la SEEG [la Société d'Energie et d'Eau du Gabon, ndlr]. Il y a un problème. Après on va nous dire que ce pays est un pays démocratique, mais non, ça va pas. C'est pas possible. On va voter sur quelle base ? On va voter quel député ? Ils vont aller défendre quoi ? Qu'on laisse le pays au PDG, ils font de ce pays ce qu'ils veulent ! »

Nous avons échoué à convaincre nos électeurs de se déplacer pour voter, reconnaît Anges Kevin Nzigou qui fait partie des nouveaux visages de l'opposition.

A 32 ans, il a été battu dès le 1er tour dans le 6e arrondissement. « Je pense que les Gabonais ont rejeté la classe politique, opposition et majorité de manière confondue, les gens pensent que c'est un jeu auquel participent les hommes politiques et pour lesquels ils sont les premiers perdants. Donc ils préfèrent laisser les politiciens entre eux, faire le jeu qu'ils ont l'habitude de faire. Donc c'est une véritable claque et ça c'est le message de ces élections », analyse-t-il.

Dans la capitale la participation oscille entre 14,59 et 34,47 %.

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