Centrafrique: Laurent Ngon-Baba, élu président de l'Assemblée nationale

Photo: Réseau des journalistes pour les droits de l'Homme - Centrafrique
Assemblée Nationale de Centrafrique
29 Octobre 2018

Laurent Ngon-Baba a été élu ce lundi après midi par 112 voix sur 140 et 4 bulletins nuls. Il succède à Abdou Karim Meckassoua, destitué de ses fonctions, vendredi dernier, sur fond de tensions communautaires.

Laurent Ngon-Baba est député de Baboua, ville située dans la préfecture de Nana-Mambéré dans l'ouest de la RCA. Le nouveau président de l'Assemblée nationale a été plusieurs fois ministre sous la présidence de François Bozizé entre 2003-2012. "La majorité n'a présenté qu'un candidat et a voté en bloc", a l'AFP Steve Koba, président du groupe parlementaire "Coeurs Unis" soutenant le président Faustin-Archange Touadéra.

Volonté de rassurer

Le tout nouveau président de l'Assemblée nationale s'est voulu rassurant juste après son élection. "Nous n'avons plus le droit à l'erreur. Nous allons immédiatement prendre des mesures, surtout en ce qui concerne la gestion des ressources financières", a-t-il déclaré.

Des déclarations qui font sans doute référence aux raisons avancées par les députés pour obtenir la destitution de Abdou Karim Meckassoua.

Ultimatum

La destitution, vendredi 26 octobre, d'Abdou Karim Meckassoua a été suivie, samedi, par un ultimatum fixé par les ex-rebelles de la Séléka. Ils avaient donné 48 heures aux représentants de l'État pour quitter les zones du pays sous leur contrôle. Abdoulaye Hissene, le président du Conseil national de défense et de sécurité (CNDS) regroupant les groupes de l'ex-Séléka, avait jugé illégale la destitution de Meckassoua.

Reprise des hostilités ?

L'ancien ministre centrafricain de la défense, Jean-Jacques Démafouth Mafoutapa, ne croit toutefois pas à une reprise des hostilités."En fait, il n'a pas de contrôle [de Meckassoua] sur les groupes armés. Parce qu'à l'époque, il ne les avait pas soutenus quand ils étaient dans la Séléka. Il avait pris ses distances. Et depuis, dans tout ce qu'ils font comme luttes, il ne les a jamais soutenus. Et si vous voyez bien, même à l'Assemblée nationale, pour le destituer, beaucoup de députés musulmans ont voté contre lui. Pour lui, les groupes armés ne vont rien faire", a-t-il déclaré au micro de la DW.

Thierry Vircoulon, chercheur associé au Chercheur associé au Centre Afrique Subsaharienne de l'Ifri, l'Institut français des relations internationales ne croit pas lui non plus en la portée de l'ultimatum de l'ex-Séléka. "Ça me parait assez contreproductif de la part des groupes armés. D'autant plus qu'un nouveau président musulman a été élu à l'Assemblée centrafricaine. C'est une attitude qui déssert essentiellement Abdou Karim Meckassoua. Et c'est un enterrement politique qui vient d'être fait là", estime-t-il.

Appel au calme

Au lendemain de sa destitution, Abdou Karim Meckassoua a appelé au calme avant de rassurer ses électeurs du quartier majoritairement musulman du P5, dans le 3ème arrondissement de Bangui, où il a été élu député en 2016.

Au cours de la séance au cours de laquelle les candidats au perchoir prononçaient leur discours ce lundi, un député, Alfred Yekatom, ex-chef des milices antibalaka, a tenté de s'en prendre à un autre de ses collègues. Dans la foulée, l'élu qui a tenté de s'enfuir a dégainé son pistolet et à tiré en l'air dans l'hémicycle, créant un vent de panique.

La calme est ensuite revenue, après l'arrestation de l'intéressé par les forces de sécurité présentes. Par ailleurs, une voiture a tenté de forcer le barrage de police devant le siège de l'Assemblée nationale à Bangui. Le député Alfred Yekatom avait déjà été placé, en 2015, sur la liste de l'ONU des personnes "se livrant ou apportant un appui à des actes qui compromettent la paix" en RCA.

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