1 Novembre 2018

Congo-Kinshasa: 50 000 Congolais expulsés d'Angola bloqués au poste-frontière de Kamako (Kasaï)

Photo: Felix Basiime /Daily Monitor
Réfugiés congolais

Au moins 50 000 personnes se trouvent actuellement bloquées et sans ressources dans les environs de la ville frontière de Kamako (Province du Kasaï, République démocratique du Congo) après avoir été expulsés d'Angola. C'est ce que rapporte le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dans un communiqué publié mercredi 31 octobre 2018.

Selon le CICR, « beaucoup arrivent dénués de tout et ne peuvent continuer le voyage vers leur région d'origine ». « Si certains ont pu ramener quelques biens avec eux - matelas sur la tête, meubles sur le porte-bagage d'un vélo, la plupart doivent revendre ce qu'ils ont sauvé au moment de leur expulsion afin de se procurer de la nourriture ou un moyen de transport », précise cette organisme humanitaire.

L'équipe d'évaluation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sur place a constaté le grand dénuement et la détresse de cette population rendue extrêmement vulnérable. Femmes, hommes et enfants s'entassent au poste-frontière, à Kamako et dans ses alentours, sans que les structures existantes puissent répondre à leurs besoins les plus pressants. Hébergement, soins médicaux, nourriture, tout manque. Des épidémies sont à craindre.

Arnaud Kalenda, arrivé à Kamako depuis peu, décrit la situation : « On souffre ici à Kamako. Vous verrez les gens passer la nuit dehors ou dans des églises. L'eau de la pluie tombe sur les enfants. »

Le CICR, en collaboration avec la Croix-Rouge de la RDC, permet aux personnes transitant par Kamako de contacter gratuitement leurs proches par téléphone. Une centaine d'appels téléphoniques sont passés chaque jour. Également, le centre de santé de Kamako a reçu de la nourriture pour ses patients et les familles.

Depuis le début du mois d'octobre 2018, plus de 300 000 Congolais, qui travaillaient principalement dans le secteur minier, ont été expulsés d'Angola. Environ 70 pour cent d'entre eux ont transité par la ville de Kamako avant de rejoindre leur lieu d'origine dans la province du Kasaï.

« Ce sont des personnes qui sont parties avec très peu de moyens, sans avoir beaucoup de temps pour se préparer, parfois arrivant les mains vides ou avec très peu de biens. Et certains d'entre eux ont fui sous la peur. », a affirmé Anna Praz, cheffe des opérations du CICR à Kamako. « Et maintenant ils se retrouvent dans un endroit pour eux qui est quasiment étranger, parce qu'ils ont été pendant longtemps loin du Congo, et parmi eux des personnes n'ont plus vraiment beaucoup de contacts avec leur famille depuis quelques années. », a-t-elle ajouté.

Le CICR est préoccupé par le fait que ces personnes reviennent dans une province qui a connu des troubles graves en 2016 et 2017. Les violences, doublées de conflits interethniques, avaient fait des milliers morts et plus d'un million de déplacés selon OCHA. Dans les environs de Kamako uniquement, le Haut-Commissariat aux réfugiés rapportait en septembre 2017 que neuf villages sur dix avaient été « réduits en cendres ».

D'après la cheffe des opérations du CICR à Kamako, « il y en a d'autres qui ont fui les mains vides lors de la crise de 2016-2017 et maintenant à nouveau ils se retrouvent à devoir partir et revenir dans des endroits où ils ont souffert. »

En savoir plus

Expulsion de Congolais de l'Angola - la Cenco tire la sonnette d'alarme

Les chiffres sont alarmants : le HCR parle de 300 000 personnes, l'Eglise congolaise, reprenant des chiffres de Caritas… Plus »

Copyright © 2018 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.