2 Novembre 2018

Congo-Kinshasa: Auteur de « L'épopée des Maquisards » José Nzolani - « Le souvenir des Maquisards restera à jamais gravé dans la mémoire collective »

interview

José Nzolani, animateur radio sur Fréquence Paris Plurielle (FPP), vient de publier un livre intitulé « L'épopée des Maquisards » édité par ses soins. Il évoque avec finesse l'histoire du Festival des Maquisards, un orchestre des années soixante, ayant vu le jour à Kinshasa (RDC) dans la foulée des événements enclenchés par une révolte de la jeunesse étudiante, à l'avant-garde du combat social, en France et dans le monde en mai 1968.

Ci-dessous, l'intégralité de l'interview exclusive qu'il a accordée à Lepotententielonline.net.

Vous venez d'écrire un livre sur l'histoire du groupe musical Festival des Maquisards. Qu'est-ce qui a motivé votre démarche?

C'est un projet que j'ai en tête depuis longtemps! Il s'avère que cette année, nous célébrons le cinquantième anniversaire de mai 68. Lannée 1968 constitue, partout dans le monde, notamment en RDC, une année de révolte des étudiants contre une société qui ne leur correspond plus. Ces manifestations étudiantes restent comme l'une des plus grandes manifestations sociales de l'Histoire de France et du monde le siècle dernier. Ce que les gens semblent ignorer, l'orchestre Festival des Maquisards a été créé dans la foulée de ces événements. J'ai donc fait d'une pierre deux coups: célébrer les 50 ans de mai 68 et la création de l'orchestre Festival des Maquisards.

Pourquoi le choix de ce groupe et pas un autre créé à la même époque?

Tout simplement parce que les Maquisards, comme je les appelle, étaient représentatifs de la jeunesse de l'époque. Il est vrai qu'il existait d'autres groupes de musique de jeunes. Mais la plupart d'entre eux évoluaient à l'étranger, notamment en Belgique. Je pourrais citer, par exemple, les orchestres Yéyé National et Los Nickelos. En RDC, c'est bel et bien l'orchestre Festival des Maquisards qui a lancé le mouvement de jeunes artistes dans le vent. Et il s'ensuivit les ensembles musicaux comme Thu-Zahina, Zaïko Langa Langa...

En quoi leur histoire vous interpelle-t-elle?

Le Festival des Maquisards était une pépinière de talents. Les jeunes qui constituaient ce groupe ont marqué l'histoire de la musique congolaise moderne. Ils étaient âgés, pour la plupart, de moins de 30 ans. Mais leur maturité et leur goût du travail bien fait en étonnaient plus d'un. La qualité des textes et les mélodies de leurs chansons impressionnaient les amoureux de la bonne rumba congolaise. C'est dommage que ce groupe n'ait pas vécu longtemps (De mai 1968 à juin 1969. NDLR). La carrière solo respective des Maquisards témoigne aujourd'hui de leur réussite.

En quoi les Maquisards, comme vous les appelez, sont-ils une école de musique?

Les Maquisards ont inspiré plusieurs artistes congolais de ces cinquante dernières années. Les artistes comme Dave Makondele, Rigo Star, Popolipo, Caen Madoka, Seck Bidens... ont été inspirés par le travail remarquable abattu par lexcellent guitariste Michelino Mavatiku Visi au cours de sa carrière. Sam Mangwana, sublime par le seul timbre de sa voix, poétique et charmeuse, a fait des émules, dont Djo Mpoyi et Carlyto Lassa. On pourrait multiplier les exemples sur l'influence des Maquisards dans l'évolution de certaines célébrités de la musique congolaise d'hier et d'aujourd'hui.

Quel est l'artiste qui vous a le plus marqué au sein de ce groupe?

Ils m'ont tous marqué: Michelino Mavatiku Visi, Sam Mangwana, Guvano Vangu, Ntesa Dalienst, Dizzy Mandjeku, Lokombe Nkalulu... je les admire beaucoup ! Voire, Dino Vangu qui a évolué, notamment aux côtés de Sam et Guvano. Et ce n'est pas un hasard si j'ai consacré un temps de ma vie à écrire un livre sur leur épopée. Le souvenir des Maquisards restera à jamais gravé dans la mémoire collective.

Dans votre livre, vous faites référence aux faits historiques de l'année 1968. Quel parallèle faites-vous entre la création de l'orchestre Festival des Maquisards et les événements qui ont marqué l'Histoire en France et dans le monde cette année-là?

Les Maquisards se sont reconnus dans le désidérata des étudiants lassés dune société qui ne répondait pas à leurs aspirations. Ne nous leurrons pas, la majorité des Maquisards ont fait de bonnes études, ce sont des gens instruits. Et cela se ressent dans leurs créations musicales. Lokombe Nkalulu était dailleurs fonctionnaire de lEtat. De plus, ils sont bien informés de lactualité politique internationale. Moi qui ai souvent eu l'occasion déchanger avec certains dentre eux, je pourrais vous dire que leurs analyses sont tout aussi pertinentes. Et les références à l'histoire politique de la RDC sont nombreuses. Cest juste pour montrer quils n'étaient pas indifférents au contexte politico-historique et socioculturel de la RDC à cette époque-là ni, dailleurs, à celui daujourdhui. Loin de là. Les allusions à lhistoire de la musique congolaise sont aussi légion. Vous auriez pu écrire une histoire dans ce sens.

Pourquoi cette imbrication ?

Les Maquisards font partie intégrante de la grande famille de la musique congolaise moderne. Partout où ces artistes ont évolué, ils ont démontré leur savoir-faire et marqué de leur empreinte les compositions musicales. Personne ne me démentira à ce propos.

Comment se portent vos émissions « Le Miroir » et « Au son de la Rumba » sur Fréquence Paris Plurielle ?

Très bien et je ne men plains pas. Dans « Le Miroir », je traite des questions de société à travers le texte des chansons. Et dans « Au son de la Rumba », je partage avec les auditeurs les trésors de la Rumba daujourdhui et surtout dautrefois. 106.3FM est la fréquence, à Paris, de notre station.

Un dernier mot ?

A ceux qui veulent commander mon livre, je leur demande daller sur le site ausondelarumba.com.

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