3 Novembre 2018

Congo-Brazzaville: Réflexions autour de la réinsertion des détenus

Pauvres, malades ou reniés par leurs proches après leur libération, les prisonniers échouent souvent à réintégrer la société. Réunis à l'initiative de l'ambassade de France au Congo, en partenariat avec le ministère de la Justice, les magistrats congolais ont dressé le constat et émis des suggestions.

« L'exclusion économique et sociale conduit vers la récidive. Il faut faire un travail qui consiste à rendre les personnes aptes à vivre en société ».

Telle est l'idée majeure qui s'est dégagée du séminaire de formation de l'Ecole nationale de la magistrature française tenu à Brazzaville, du 29 octobre au 2 novembre, sur le thème : « Les enjeux de l'exécution des décisions de justice en matière pénale : de la sanction à la réinsertion ».

Le vice-président du Tribunal de grande instance de Madingou, Régis Augèle Souami Seybault, l'un des participants à cette session de formation, a fait remarquer que « les sanctions pénales telles qu'elles sont pratiquées au Congo ne sont pas efficaces parce qu'elles se résument à l'emprisonnement ».

Or, a-t-il poursuivi, « la période que le détenu passe en prison peut être mise à profit pour sa réintégration ou sa resocialisation ».

Pour lui, les lois et règlements du pays ne mettent pas l'accent sur ce volet de la sanction pénale. « Notre loi est pauvre et muette à ce sujet. Il faut faire un travail au sein de la Maison d'arrêt pendant la période de détention.

Ce travail consistera à rendre les personnes aptes à vivre en société et moins dangereuses pour elle. Le législateur congolais doit à nouveau se saisir de cette problématique de manière à légiférer dans ce sens », a-t-il estimé.

Durant les travaux, après échange avec les formateurs, les participants se sont attelés à identifier les préoccupations juridiques, matérielles et humaines, afin de trouver le juste équilibre dans l'accomplissement des missions des acteurs impliqués.

S'exprimant au nom du ministre de la Justice, des droits humains et de la promotion des peuples autochtones, Aimé Ange Wilfrid Bininga, son directeur de cabinet a exhorté les magistrats à se mettre en phase avec l'évolution et les attentes de la société dans l'exécution des peines.

« Grâce à cette session de formation, la justice pénale dans l'exécution des sanctions va commencer à regagner de la crédibilité, même si les nouvelles avancées doivent être réalisées pour que la certitude et la promptitude de la sanction deviennent une réalité. Tout compte fait, l'exécution d'une peine prononcée est la garantie et la crédibilité de la justice pénale », a déclaré Casimir Ndomba.

A l'issue de cette session, il s'est dit convaincu « qu'elle conduira, d'une part, à l'amélioration des décisions pénales qui doivent être considérées comme un objectif de programme justice-judiciaire et, d'autre part, au développement des aménagements des peines comme un objectif programme, administratif judicieux, administratif pénitentiaire ».

Casimir Ndomba a assuré que les connaissances acquises et les suggestions apportées contribueront à améliorer certaines pratiques en cet exercice « délicat » qui est l'exécution des peines.

« Cette session s'inscrit aussi dans une démarche d'ensemble de la politique gouvernementale en matière de formation des magistrats, dont l'objectif poursuivi est la consolidation de l'Etat de droit dans notre pays », a précisé le directeur de cabinet.

Au total, trente-huit magistrats ont participé à ce séminaire dont la formation a été assurée par Thomas Joseph, vice-procureur au Tribunal de grande instance du Havre et Soraya Ahras et vice-procureur au Tribunal de grande instance de La Rochelle. Des certificats de formation ont été remis aux participants.

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