24 Octobre 2018

Afrique: Elections en Afrique - Des experts œuvrent pour des scrutins apaisés

Les membres de l'association Compétences électorales africaines (CEA) ont animé, le mercredi 3 octobre 2018 à Ouagadougou, une conférence de presse. Il s'est agi pour la nouvelle structure de se dévoiler au public.

Face aux multiples crises qui émaillent les processus électoraux en Afrique, des experts en questions électorales veulent apporter leur contribution. Pour ce faire, ils ont mis en place une nouvelle structure dénommée Compétences électorales africaines (CEA). Représentée dans huit pays de l'Afrique dont le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Togo, le Bénin, la Tunisie et la République démocratique du Congo(RDC), l'association a été présentée au public au cours d'une conférence de presse tenue le 3 octobre 2018 à Ouagadougou. Selon le président de CEA, Adam Régis Zougmoré, ancien commissaire de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l'avènement de la structure est dicté par un contexte particulier.

« Ces derniers temps, on assiste un peu partout en Afrique à des remous dans l'administration et au sein de certains organismes en charge de la gestion des élections (OGE) », fait-il remarqué. Ces différents mouvements, a fait savoir M. Zougmoré, émanent principalement de la non maîtrise du droit électoral, la révision des cadres légaux des pays sans concertation préalables, l'instabilité de l'environnement sociopolitique des pays, et la volonté affichée des politiques de colorer les principes démocratiques et de saper les critères d'une élection libre et transparente. Pour inverser la tendance, le CEA, selon ses responsables, se donne pour mission entre autres de former les personnels électoraux, de renforcer les capacités des OGE, de partager les bonnes pratiques pays afin de garantir la réussite des élections. Cette rencontre a été l'occasion pour les journalistes d'aborder des questions relatives à la crise que traverse la CENI du Burkina Faso.

En tant que spécialistes des questions électorales, quel regard portez-vous sur la situation qui prévaut actuellement à la Commission électorale ? A cette préoccupation, le vice-président de CEA, Wilfried Prosper Bako, a indiqué qu'ils ont les compétences avérées, cependant, ils s'inscrivent dans une démarche méthodique. « Nous envisageons une rencontre avec les différentes parties prenantes, à savoir les représentants de l'opposition, de la majorité, et ceux de la société civile, afin de créer un cadre d'échanges en vue de rapprocher les positions », a laissé entendre Wilfried Bako, également ancien membre de la CENI.

De l'avis d'Adam Régis Zougmore, les commissaires de la CENI doivent être attachés aux principes de la transparence, de l'honnêteté plutôt que de vouloir jouer le jeu des partis politiques qu'ils représentent. Aussi, a-t-il déploré, les membres de l'actuelle CENI qui dans leur majorité font leurs premiers pas dans la prise en charge du processus électoral. « Il faut renforcer leurs compétences sur l'éthique et la déontologie en matière électorale. Ils comprendront ainsi que tout n'est pas à étaler sur la place publique », a conclu M. Zougmoré.

Pour Florence Ouattara, co-animatrice de la conférence, les cendres de l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 sont encore chaudes et les journalistes ont un rôle à jouer dans l'apaisement des cœurs au Burkina Faso. « Le processus électoral a besoin d'un acteur clé qui est la presse. Il ne peut pas y avoir d'élection apaisée sans l'accompagnement de la presse », a-t-elle affirmé.

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