8 Novembre 2018

Sénégal: Me Mbaye Gueye fait le procés de la justice

La possibilité donnée au procureur de décider de la mise en détention d'un citoyen, la dépendance du Parquet à l'Exécutif et la gestion de la carrière des magistrats par le président de la République sont des entraves à une indépendance de la justice.

L'avis est du bâtonnier de l'ordre des avocats, Me Mbaye Guèye qui a pris par hier, mercredi 7 novembre, à la journée d'échanges sur l'indépendance de la justice initiée par le Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh).

Des obstacles institutionnels s'opposent à l'indépendance de la justice au Sénégal. Et ces blocages ont pour noms de l'avis du bâtonnier de l'ordre des avocats, Me Mbaye Gueye, une approche pas du tout idéale.

Me Mbaye Gueye, s'exprimant hier, mercredi 7 novembre, lors d'une journée d'échanges sur l'indépendance de la justice, initiée par la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh), a estimé qu'en dépit d'avoir choisi de se doter d'un pouvoir judiciaire, le Sénégal n'offre pas toutes les garanties conférées par cette prérogative.

Pour Me Mbaye Gueye, dire que la justice est un pouvoir reviendrait à ce que cette institution ne soit pas dépendante de l'Exécutif.

Mieux, en pareille situation, le budget de la justice ne devrait pas provenir de la Tutelle. L'absence d'un pouvoir judicaire au Sénégal se traduit aussi par le fait que c'est la présidence de la République qui gère la carrière des magistrats.

« Lorsque les acteurs de ce pouvoir sont recrutés et payés par un autre pouvoir, comment peut-on affirmer que c'est un pouvoir surtout un pouvoir indépendant», s'interroge-t-il.

En souhaitant par ailleurs, la création d'un juge des libertés, le bâtonnier de l'ordre des avocats a désapprouvé la dépendance du Parquet à la Présidence de la République.

«Il n'est possible d'accepter qu'une partie à un procès décide de la libération ou de l'emprisonnement d'une autre partie. Le sort d'une partie au procès ne peut pas dépendre de la volonté d'une autre partie», déplore-t-il.

Nécessité de rendre la justice au nom du peuple sénégalais et non pas aux souhaits d'un groupe de Personnes

Me Mbaye Gueye juge qu'il est nécessaire de faire en sorte que la justice soit rendue au nom du peuple sénégalais conformément aux intérêts de ce peuple et non conformément aux intérêts d'un groupe d'individus bien déterminé.

Pour ce faire estime-t-il, la justice doit être neutre. Cela reviendrait à ce que le Parquet n'est plus la possibilité de décider de l'incarcération des citoyens.

«Le procureur a plein de pouvoirs au Sénégal, des pouvoirs excessifs. On ne peut plus continuer comme ça. Mettre une personne en prison est tellement sérieux que c'est un juge indépendant qui doit en décider.

Il est temps de mettre fin à cela », plaide Me Mbaye Gueye. Il trouve par ailleurs qu'il ne doit plus être possible qu'un procureur puisse amener en prison un citoyen ou de s'opposer à sa libération par un pourvoi en cassation ou un appel.

« L'indépendance de la justice ce n'est pas seulement par rapport à l'exécutif c'est par rapport à tous ces textes qui lorsqu'un juge à partir de son bureau, décide qu'une personne mérite qu'on le libère provisoirement jusqu'à son jugement, qu'un procureur fasse appel et bloque l'exécution de la décision du juge».

L'indépendance de la justice pas synonyme d'une anarchie

Arriver à l'indépendance de la justice ne doit pas être synonyme d'excès de pouvoir pour les juges. « Il ne s'agit pas de mettre un gouvernement des juges. Il s'agit de faire des réformes qui aboutiront à une meilleure distribution de la justice», soutient le bâtonnier.

Avoir une indépendance doit être une occasion aux juges de faire preuve de responsabilité. «Tout peut partir sauf la justice. C'est le pilier d'un pays.

Tous les Etats qui doivent être reconstruits avant de penser à leur développement ont eu un trait commun. Il n'existait plus de justice. La justice est fondamentale et elle doit être gérée par des hommes responsables », a t-il dit.

RETARD DE LA MISE EN ŒUVRE DES REFORMES VISANT UNE INDEPENDANCE DE LA JUSTICE : Souleymane Teliko dénonce l'absence d'une volonté politique

«Lorsque les autorités politiques ont mis en place un comité de concertation, nous nous sommes dits que c'est peut-être parce qu'elles sont favorables aux réformes. Mais depuis lors, cela fait plus de six mois rien n'a bougé. L'indicateur de la bonne volonté c'est le démarrage du processus de réformes.

Nous considérons que, la volonté politique fait défaut », a dit le président de l'Union des magistrats sénégalais (Ums), Souleymane Teliko, interrogé hier, mercredi 7 novembre, lors de la journée d'échanges sur l'indépendance de la justice initiée par la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh).

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