8 Novembre 2018

Rwanda: L'opposant rwandais Boniface Twagirimana porté disparu depuis un mois

communiqué de presse

Le soir du 7 octobre, le leader de l'opposition rwandais Boniface Twagirimana a « disparu » de sa cellule de prison à Mpanga, dans le sud du Rwanda. Un mois plus tard, sa famille et ses proches ignorent toujours où il se trouve.

Twagirimana, 43 ans, père de deux enfants, est le numéro deux des FDU-Inkingi, parti d'opposition rwandais non enregistré. La police l'a arrêté avec six autres membres des FDU-Inkingi le 6 septembre 2017 et, au cours des jours suivants, d'autres membres du parti ont également été arrêtés.

Plus tard ce mois-là, huit membres des FDU-Inkingi, dont Twagirimana, étaient inculpés de crimes en lien avec la sécurité de l'État, notamment de création d'un groupe armé irrégulier et de délits contre le président.

Le 3 octobre 2018, Twagirimana a été transféré seul depuis la prison de Mageragere, située à Kigali, la capitale du pays, vers celle de Mpanga, dans le sud du Rwanda.

Les autorités rwandaises ont déclaré publiquement que Twagirimana s'était évadé de prison. Mais sa famille doute que cela soit le cas.

« Boniface espérait obtenir gain de cause devant le tribunal et il attendait sa libération », a déclaré à Human Rights Watch un membre de sa famille au téléphone. « Pourquoi donc se serait-il évadé ? Quelque chose de terrible a dû lui arriver. »

Des amis et collègues de Twagirimana ont également contesté l'explication du gouvernement, alléguant que, d'après d'autres détenus, Twagirimana aurait été enlevé et emmené à bord d'un véhicule de la prison d'État.

La direction du parti FDU-Inkingi affirme que l'absence manifeste d'indices révélant que la porte de la cellule de Twagirimana aurait été forcée constitue une raison supplémentaire pour remettre en question l'explication des autorités rwandaises.

Quoi qu'il en soit, la dernière fois que Twagirimana a été vu, il se trouvait en détention, et les autorités rwandaises sont responsables de son sort et de ce qui semble être une disparition forcée. Leur déclaration dénuée de substance est loin d'être satisfaisante.

Les disparitions forcées ne sont pas un phénomène nouveau au Rwanda. Human Rights Watch a documenté les efforts constants que le gouvernement a déployé ces dernières années pour faire taire ses détracteurs et les individus perçus comme étant des opposants politiques en recourant à des arrestations arbitraires, des menaces et des disparitions forcées.

Les autorités rwandaises devraient de toute urgence enquêter sur le lieu où se trouve Twagirimana et révéler la vérité. S'il s'agit d'une disparition forcée, il devrait être libéré sur-le-champ et les responsables devraient être tenus de rendre compte de leurs actes.

Alors que le Rwanda exerce de l'influence aux niveaux régional et international, son président dirigeant l'Union africaine et son ancienne ministre des Affaires étrangères s'apprêtant à prendre la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie, ce pays devrait faire preuve d'un respect rigoureux à l'égard des droits humains à l'intérieur de ses propres frontières.

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