Centrafrique: Le difficile retour des réfugiés à Carnot

En RCA, si des mouvements de population ont encore lieu un peu partout dans le pays liés aux affrontements qui perdurent, à Carnot beaucoup de déplacés sont enfin rentrés chez eux grâce notamment à une situation sécuritaire bien meilleure.

Mais rentrer chez soi après plusieurs années d'absence n'est pas simple. Dans la communauté musulmane composée de nombreux commerçants, le retour est difficile. Des gens qui ont vécu très aisément notamment du commerce du diamant ont beaucoup perdu, et ont encore du mal à retrouver leur vie d'avant.

Devant chez Soulemane Amadou, sa femme prépare des beignets de haricots. La famille de cet homme a vécu pendant plus de deux ans dans l'église de la ville à cause des violences.

Soulemane Amadou reste marqué par son retour à la maison : « Lorsque j'ai regagné la maison le 16 juin 2016, on est venu m'agresser dans la maison. Vous avez vu tout est cassé. J'ai clôturé la maison avec des tôles mais ils ont tout pris. Ils ont tout pris. Ils m'ont même agressé et blessé ma tête. »

Artisan minier avant la crise, Soulemane Amadou dit avoir du mal à reprendre ses activités faute d'argent pour investir.

Ce dont se plaint aussi Idriss Abdoul Wahab. Déplacé pendant la crise, ce qui l'a le plus marqué ce sont les maisons qui étaient occupées à leur retour : « Ça fait mal.

Ça fait trop mal, tu vois quelqu'un qui est dans ta maison et tu n'arrives pas à y aller, dormir dedans. Tu es obligé d'aller quelque part qui ne t'appartient pas pour négocier avec quelqu'un pour dormir.

Ça fait trop mal. On a rien maintenant, on recommence nos vies à zéro. J'ai tout perdu, on m'a tout pris. Sans vous cacher, moi aussi, d'embrasser les armes pour essayer de me venger, j'ai pensé à ça. »

Les armes se sont tues à Carnot. Mais les rancoeurs sont toujours vives. Le déclassement social étant sans doute le plus difficile à vivre.

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