9 Novembre 2018

Madagascar: Mobilisation du TIM à Ambohijatovo - « Manifestation non autorisée », selon la Préfecture

Apparemment, le candidat « numéro 25 », Marc Ravalomanana souhaite conjuguer le présent avec le « passé décomposé ».

Marc Ravalomanana n'a pas changé. En effet, le candidat du « Tiako i Madagasikara » prévoit de faire un « remake » de 2002. A 69 ans, le numéro Un de l'Empire Tiko prévoit encore de provoquer une situation de troubles postélectorales. Depuis la nuit du 7 novembre, ses partisans ne cessent de publier via les réseaux sociaux que leur candidat est élu au premier tour en obtenant 54% des voix. Demain, « Dada » convoque ses partisans pour une manifestation publique à Ambohijatovo. Officiellement, ce sera une occasion pour lui de remercier ses partisans de lui avoir fait confiance. La question est donc de savoir pourquoi Marc Ravalomanana prépare une manifestation de rue alors que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est encore en pleine phase de la récolte des résultats ? En effet, le clan Ravalo n'envisage pas d'attendre la proclamation officielle des résultats par la CENI et la Haute Cour Constitutionnelle. Il souhaite effectuer un forcing. Une auto-proclamation, comme ce fut déjà le cas en 2002 n'est pas à exclure.

Contestation postélectorale. La manifestation prévue se tenir demain à Ambohijatovo constitue une manière pour lui de préparer ses partisans à un éventuel « sakoroka ». Son équipe se prépare déjà à un mouvement de contestations postélectorales alors que les résultats publiés jusqu'ici par la CENI ne représentent même pas le quart des bureaux de vote existant dans tout Madagascar. Marc Ravalomanana n'est peut-être pas conscient qu'à 69 ans, il ne dispose plus ni de la force, ni de la légitimité populaire qu'il possédait en 2002. Si l'on se réfère aux résultats provisoires de la Présidentielle, l'on peut constater de visu que le « Tiako i Madagasikara » n'a plus la mainmise sur Antananarivo. Les résultats publiés par la CENI prouvent qu'à Tana, qui a toujours été considéré comme son fief, il se trouve au coude-à-coude avec le candidat du « Tanora malaGasy Vonona », Andry Rajoelina. Tandis qu'au niveau des cinq autres provinces, il est battu à plate couture par ce dernier. Si en 2002 Marc Ravalomanana était qualifié de « Sady bôgôsy no mpanana », désormais, son visage s'est métamorphosé et il semble marqué physiquement et financièrement par les presque 10 années de traversée du désert. Actuellement, l'ancien exilé d'Afrique du Sud souhaite conjuguer le présent avec le passé décomposé.

« Acte prémédité ». En tout cas, le risque d'affrontement n'est pas à écarter demain. Joint au téléphone hier, le Préfet de Police d'Antananarivo a fait savoir que le clan Ravalomanana n'a déposé aucune demande d'autorisation auprès de la Préfecture de Police pour cette mobilisation. Faut-il rappeler que le délai légal pour une demande d'autorisation est de 48 heures. C'est pourquoi le Général Ravelonarivo Angelo a annoncé qu'il réquisitionnera les Forces de l'ordre pour cette occasion. D'autant plus que nous ne sommes plus dans la période de campagne électorale. Pour entretenir un climat d'apaisement durant la période postélectorale, toute manifestation non autorisée va être dispersée à coup de gaz lacrymogènes. Des arrestations ne sont également pas à écarter. Aux yeux des observateurs, en cherchant à provoquer une situation de troubles, Marc Ravalomanana se trompe de stratégie. D'autant plus que si l'on se réfère aux résultats provisoires, il fait partie des deux premiers de la Présidentielle. Il serait mieux d'attendre la publication des résultats à moins que sa démarche actuelle ne constitue point un « acte prémédité ».

KMSB. Hier soir, il a prévu de publier les résultats recueillis par son équipe de soutien, le « Komity Manohana an'i Marc Ravalomanana » (KMMR). Des résultats confirmant son élection dès le premier tour. Suite à cette démarche, la Haute Cour Constitutionnelle a rappelé que « la publication et la proclamation des résultats de l'élection présidentielle sont régies par la Loi organique N°2018-009 relative à l'élection du Président de la République. L'article 60 de ladite Loi organique dispose : La Commission Électorale Nationale Indépendante arrête et publie les résultats provisoires dans un délai de sept (7) jours après l'envoi du dernier pli fermé par les Sections chargées du recensement matériel des votes ou l'établissement du procès-verbal de carence. L'article 61 ajoute : La Haute Cour Constitutionnelle procède à la proclamation officielle des résultats définitifs dans un délai de neuf (9) jours à partir de la date de la publication des résultats provisoires par la Commission Electorale Nationale Indépendante. Cela signifie que seules ces deux entités sont habilitées à publier et à proclamer les résultats de l'élection présidentielle, dont celui du premier tour. En conséquence, les candidats, les partisans des candidats ainsi que les médias sont invités à faire preuve de prudence et de retenue, et à éviter de procéder à des manipulations en vue d'induire en erreur l'opinion publique ». L'on s'attend désormais à ce que Marc Ravalomanana remette en place le « Komity Miaro ny Safidim-Bahoaka » (KMSB) de 2002. Face au risque de troubles et pour éviter les affrontements entre Malgaches, le candidat « numéro 13 », Andry Rajoelina a lancé un appel au calme et au respect du « Fihavanana » à l'endroit de tout le peuple malgache.

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