9 Novembre 2018

Afrique: African investment forum taux de change - Les investisseurs appelés à faire leur marché en Afrique

Les financiers et autres investisseurs étrangers sont appelés à prendre le relais pour accélérer le financement des projets d'infrastructures en Afrique. Des résultats tangibles sont attendus avant la fin de l'année.

Fini les clichés et les idées préconçues véhiculant que l'Afrique est synonyme de famine, de corruption, de crimes financiers ou encore d'instabilité politique et économique. Le continent noir a les moyens de ses ambitions pour se hisser comme la destination préférée des investisseurs locaux et étrangers.

C'est le message d'espoir fort qu'ont voulu faire passer, mercredi, les principaux décideurs politiques et chefs d'entreprise africains ainsi que les responsables d'institutions de financement du développement. C'était à l'ouverture de la première édition de l'Africa Investment Forum, au Sandton Convention Centre, à Johannesburg, transformé pour l'occasion en une véritable forteresse.

Organisé par la Banque africaine de développement (BAD), qui s'est associée à la province du Gauteng, ce forum, rehaussé par la présence de quatre ministres (Guinée, Ghana, Sénégal et Éthiopie), d'un vice-président (Niger) et deux Premiers ministre (Rwanda et Cameroun) a permis au président de l'institution financière multilatérale, Akinwumi Adesina, de définir sa vision et ses perspectives concernant l'investissement en Afrique. Convaincu que l'Afrique est loin d'être le parent pauvre en termes d'investissements étrangers, le patron de la BAD soutient que les flux annuels d'investissements directs étrangers ont augmenté de 36 % entre 2006 (43,6 milliards d'USD) et 2016 (59,3 milliards d'USD). Toutefois, malgré cette trajectoire positive, l'Afrique ne représente encore qu'une faible proportion des flux mondiaux d'investissements directs étrangers.

Selon les estimations de la BAD, les besoins du continent en infrastructures sont compris entre 130 milliards et 170 milliards de dollars américains (USD) par an, ce qui laisse un déficit de financement compris entre USD 67,6 milliards et 107,5 milliards. «Il est essentiel d'accroître les investissements sur le continent pour combler l'énorme déficit d'infrastructures de l'Afrique, stimuler la croissance économique et améliorer les conditions socioéconomiques de la population africaine», insiste Akinswumi Adesina.

D'ajouter que l'Afrique dispose d'énormes ressources financières en son sein pour assurer son développement. Pour preuve, les investisseurs institutionnels globaux gèrent des actifs de plus de USD 131 trillions (1 trillion : mille milliards), dont USD 59 trillions, près de 45 %, appartiennent aux fonds de pension ; USD 9 trillions aux Fonds souverains (7 %) et USD 59 trillions aux Fonds mutuels (45 %).

Commerce intra-Afrique

Pas question que le forum soit un effet d'annonce, les décideurs financiers souhaitent que les résultats soient tangibles avant la fin de l'année. Pour cela, la responsabilité incombe aux financiers et autres investisseurs étrangers de prendre le relais pour accélérer le financement des projets d'infrastructures en Afrique.

Mallam Samila Zubairu, Chief Executive Officer d'Africa Finance Corporation, estime que dans un premier temps, il faudra doper le commerce intra-Afrique qui est relativement faible, près de 10 %, car, dit-il, ce sont les activités commerciales qui vont principalement tirer les investissements dans le continent. Une palette de secteurs liés aux finances, aux TIC, aux infrastructures ou encore à l'énergie a été identifiée pour attirer les investissements étrangers.

Pour le président de la Trade & Development Bank, Admassu Tadessus, il faut faire table rase des pratiques entravant le flux d'investissements, quitte à assouplir le cadre régulateur pour «fast track» des permis. «There is a need to scale up, to speed up and to build up synergies between transactions» pour réaliser les objectifs fixés.

L'Afrique sera-t-elle capable de relever les défis de cette nouvelle ambition ? Le Chairman de la BAD y croit dur comme fer. Il compte s'y investir personnellement et avec lui son institution pour que l'Afrique devienne le Davos de l'Europe. De faire ressortir que la construction d'une zone de libre-échange continentale africaine par l'Union africaine constituera une opportunité pour le commerce transfrontalier en se positionnant comme la plus grande zone depuis l'avènement de l'Organisation du commerce mondial.

Deals de usd 40 milliards conclus durant les trois jours

Le président de la BAD peut se réjouir des retombées de ce premier forum d'investissement. Au terme des trois jours de marché au Sandton Convention Centre à Johannesburg, des deals privés pour financer des projets d'investissements d'un montant de USD 40 milliards sont en voie d'être conclus. «Nous avons actuellement 306 projets d'une valeur de USD 208 milliards qui seront développés, dont une soixantaine sont à l'étude au niveau des différentes sessions dans le Boardroom par les investisseurs et les promoteurs», a souligné hier matin Akinwumi Adesina. Ces projets bénéficieront d'un système e «fast track» pour qu'ils puissent être entamés sans anicroche.

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