12 Novembre 2018

Sénégal: Des femmes de la Casamance pour des alternatives aux bouillons industriels

Les bouillons industriels sont cités comme l'une des principales sources de plusieurs maladies chroniques qui handicapent de plus en plus les consommateurs sénégalais. A cet effet, des femmes de la Casamance proposent comme alternative le recours aux épices à base de plantes naturelles.

La consommation des bouillons industriels n'est pas la meilleure des options pour les consommateurs sénégalais.

L'avis est de Mme Mariama Sonko, présidente du Mouvement panafricain « Nous Sommes la Solution » qui estime que « Les bouillons industriels causent beaucoup de problèmes au Sénégal ».

Interpellé en marge de la deuxième conférence internationale sur l'agroécologie et les systèmes alimentaires africains qui s'est récemment tenu au Sénégal, Mme Sonko qui est également responsable de l'Association des jeunes agriculteurs de la Casamance (Ajac) a fait part de ses inquiétudes par rapport aux problèmes causés par les bouillons industriels.

Selon elle, ces produits sont en train d'installer des maladies que nos ancêtres ignoraient. Devant cet état de fait, elle pense qu'il est temps de s'arrêter et se ressourcer sur les pratiques anciennes.

Mme Sonko plaide alors pour le retour aux épices traditionnelles à la place des bouillons industriels pour assaisonnent de manière saine, les plats servis quotidiennement dans les familles sénégalaises.

Devant cet état de fait, a-t-elle confié, la plateforme des acteurs pour la souveraineté alimentaire en Casamance a eu l'initiative de mettre au point un bouillon à base de produits naturels appelé Soumpak.

A l'en croire, c'est un produit fait à base de néré, un arbre dont les effets thérapeutiques sont connus et dont l'utilisation rationnelle participe à la protection de l'environnement.

Un arbre qui, selon elle, est d'ailleurs menacé de disparition car également utilisé comme bois de chauffe.

Entre autres solutions face aux problèmes alimentaires, Mme Sonko fait savoir que les femmes et les jeunes sont formées dans la production des bio fertilisants et du compost.

Pour arriver à installer une bonne alimentation, elle pense que les pays africains doivent s'attaquer d'abord au problème de la fertilité des terres. « Nous assistons à une pauvreté des terres intenses qui est du à l'utilisation des intrants chimiques ».

Même son de cloche pour M. Alioune Ndiaye, coordonnateur du Comité ouest-africain de semence paysanne.

Selon lui, la solution pour une souveraineté alimentaire c'est de réactualiser les systèmes alimentaires pensés localement et qui ont toujours fait des miracles pour la santé humaine, animale et environnementale.

Ce qui, d'après lui, touche toute les couches de la population et surtout les plus démunies.

M. Ndiaye juge primordial la place de la semence dans cette volonté d'instaurer une nouvelle dynamique.

Il a ainsi rappelé que la semence est le premier maillon de la chaine alimentaire et que le capital semencier africain ne doit pas être évalué en termes de quantité mais plutôt la qualité nutritive.

Sans oublier de bannir l'introduction d'intrants chimiques qui, pour lui, ont des effets néfastes sur la santé des personnes et nuisent à l'environnement.

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