12 Novembre 2018

Tunisie: Il est grand temps !

Il se trouve que, de report en report, la patience des pourvoyeurs de fonds et des institutions financières internationales est à bout, de même que s'essoufflent les recours de fortune qui ont permis aux finances publiques de «gagner du temps».

Car les réformettes et les pis-aller ont été épuisés, de sorte que la nouvelle équipe gouvernementale qui semble assurée, en principe, d'obtenir, aujourd'hui même, la confiance de l'Assemblée, devra mettre les bouchées doubles pour confirmer les modestes promesses formulées par certains indicateurs de la conjoncture économique. Notamment ce taux de croissance annuel qui approcherait les 3%.

Trois grandes réformes pressantes

Trois grandes réformes urgent en particulier : la fiscalité, les entreprises publiques et les caisses sociales. Et il ne s'agit plus d'y introduire de simples petits correctifs de conjoncture car les failles les affectant sont structurelles.

Au niveau de la fiscalité, il s'agit clairement d'élargir de manière consistante l'assiette des assujettis à l'impôt sur le bénéfice, dans ses différentes formes. Il est, en effet, devenu urgent de voir certains milliardaires qui se baladent en «Hummer» au nom de leurs enfants et petites amies contribuer équitablement à l'effort national. De même qu'il est question de mettre fin à l'impôt forfaitaire qui sert d'abri abusif à des commerçants très prospères. Et il est grand temps de choisir la «bonne stratégie» pouvant conduire l'économie parallèle à choisir de s'intégrer dans les circuits légaux.

A un autre niveau, il faut trancher définitivement quant au sort des exportateurs qu'ils soient totaux ou partiels, locaux ou off-shore. Car, à ce niveau, la stabilité de la fiscalité est essentielle pour un pays qui, sans le partenariat, n'a pas grand-chose à exporter.

Normaliser les caisses sociales

Deuxième urgence, les caisses sociales. Tout le monde en convient mais autant l'Ugtt que l'Utica craignent de voir cette réforme se résoudre à alourdir les cotisations tant du patronat que des salariés. Sachant que la solution du recul de l'âge de la retraite n'est et ne peut être que provisoire et limitée.

Réformer structurellement les caisses, c'est d'abord, comme l'a prouvé la crise de la pénurie des médicaments, octroyer à la CNAM un financement autonome par une quote-part des cotisations sociales qui lui soit versées directement car la santé n'attend pas. Mais c'est aussi assainir la gestion des finances de la CNSS et le mode d'organisation de la CNRPS qui, conçue comme une caisse pour les privilégiés du pouvoir autoritaire, devrait, comme il en a été plus d'une fois question, depuis l'époque de Mohamed Mzali, être annexée à la CNSS.

Ce qui ne peut plus durer

Troisième urgence, le gouffre des entreprises publiques. Car les entreprises publiques sont des entreprises et doivent être considérées comme telles. Sauf que certaines ont une fonction sociale essentielle, comme le transport public (Sncft, Transtu, compagnies de transport régional et interrégional). Mais c'est loin d'être le cas de toutes les entreprises étatiques. Sauf que l'Ugtt a une approche dogmatique voire idéologique de la question, qui s'abreuve aux inspirations de gauche de la plupart des syndicalistes. Sachant, par ailleurs, que la centrale historique est bien mieux implantée dans le secteur public qui, en plus, lui assure la retenue à la source des cotisations de ses adhérents. Tant de raisons qui favorisent son attachement à la sacralité de ces entreprises.

Maintenant, si elle est abordée d'une manière objective, l'évaluation au cas par cas peut conduire à un traitement rationnel de la problématique et permettre de combler l'essentiel du gouffre. Notamment dans les activités concurrentielles où l'Etat n'a vraiment rien à faire.

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