12 Novembre 2018

Rwanda: Un Centre ado rwandais érigé en modèle de gestion de la SRAJ

Photo: CIPF
5e Conférence internationale sur la planification familiale (CIPF)

 Le Centre amical des jeunes de Kamonyi ( Kamonyi Youth Friendly Center), dans la province sud du Rwanda, a été offert en modèle de gestion de la santé de la reproduction des adolescents et des jeunes (SRAJ) à des participants à la Conférence internationale sur la planification familiale qui s'ouvre lundi dans l'après-midi à Kigali.

Situé à une cinquantaine de kilomètres au Sud de la capitale rwandaise, le centre construit dans le village de Nkingo, dans la commune de Gacurabwzngue, est niché au bas d'une colline, sur une route escarpée qui mène aux trois bâtisses en briques surmontées de tôles bleues.

Un terrain de basket sépare le bâtiment qui abrite la salle de dépistage des maladies sexuellement transmissibles, le laboratoire, l'espace de discussion, la bibliothèque et le bâtiment faisant office de salle de sport et de salle de formation à la couture.

"C'est un modèle qui est reproduit dans tous les 30 districts du pays pour offrir aux jeunes un espaces d'échanges, d'informations mais également d'accès aux services de la santé de la reproduction", renseigne Eliphaz Karamage, responsable du Bureau adolescents et jeunes au ministère rwandais de la Santé.

Guide à l'occasion de cette visite, il a souligné l'option des autorités rwandaises, à travers le ministère de l'Education et de la Santé, d'offrir des espaces d'échanges aux jeunes et aux adolescents dans le domaine de la prévention.

Si le taux de prévalence contraceptive se situe à 48 % au niveau national, aucun chiffre n'a été avancé pour ce qui concerne les jeunes par le responsable du Bureau santé des adolescents et des jeunes.

"Nous préférons la sensibilisation pour que les jeunes puissent avoir des informations sur la planification familiale en vue d'une d'une prise de décision judicieuse sur les méthodes disponibles une fois en couple", a-t-il précisé.

Au niveau des écoles, le Rwanda où la scolarité est obligatoire pour au moins 12 ans, les autorités ont également introduit un programme sur la santé de la reproduction afin d'aider les élèves à avoir des connaissances dans ce domaine.

Selon le coordonnateur du Centre, Jean Paul Irumva, il y a "des contraintes pour l'accès des jeunes aux services de la santé de la reproduction au niveau des familles du fait de la "culture et des croyances religieuses".

La question de l'éducation sexuelle n'est pas toujours abordée dans les familles où les parents ont encore du mal à parler de cet aspect de la vie à leurs enfants, a-t-il ajouté.

Alors l'alternative a été vite trouvé avec l'érection de ces centres pour "accompagner les parents dans l'éducation à la santé reproductive de leurs enfants", a fait valoir Iruma.

"Ils viennent surtout ici pour s'amuser, faire du sport, lire et apprendre à coudre, mais ces visites sont mises également à profit pour les informer sur leur santé reproductive et sexuelle", fait-il remarquer coordonnateur.

"On se donne des conseils, on en reçoit du Centre parce que les parents et les religieux qui ne sont pas contre le centre, ne peuvent pas leur donner les informations dont ils ont besoin", a témoigné Byi Ringiro Dieudonné, un jeune homme d'une vingtaine d'années.

"Ce centre nous aide à bâtir notre vie sans risque puisque nous avons les informations qui nous permettent d'éviter de mettre en péril notre santé et notre avenir", a de son côté indiqué Jeannette Diosabe. L'adolescente âgée de17 ans est élève dans une école érigée non loin dudit centre.

L'infirmière affectée dans le centre, Alice Mutegarugari, la trentaine, travaille avec un autre collègue et le coordonnateur pour le dépistage, le suivi et l'offre de services sur la santé de la reproduction.

Le centre qui dispose d'un laboratoire fait le dépistage des maladies sexuellement transmissibles mais réfère les cas confirmés dans les postes de santé pour la prise en charge.

Toutefois, l'établissement met à la disposition des jeunes des préservatifs, des pilules après des séances d'informations sur l'abstinence pour éviter les maladies sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées.

Les jeunes qui fréquentent le centre apprennent à connaitre les différentes méthodes de planification familiale. Le Centre est ainsi ouvert à tous les adolescents et jeunes jusqu'à l'âge de 30 ans

Les organisateurs ont indiqué dans un communiqué de presse qu'ils avaient choisi le Rwanda comme pays hôte en raison des réalisations du pays dans le domaine de la planification familiale et d'un engagement fort à assurer un avenir sain et prospère pour le développement durable de sa population et du monde.

"Le Rwanda est l'une des réussites en matière de planification familiale de l'histoire récente", selon la CIPF.

L'ouverture officielle de la Conférence est prévue cet après-midi dans la grande salle du Centre de conférence de Kigali.

En savoir plus

5e Conférence internationale sur la planification familiale

 Des participants à la 5e Conférence internationale sur la planification familiale (CIPF) ont… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 Agence de Presse Sénégalaise. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.