12 Novembre 2018

Congo-Kinshasa: Les étudiants dans la rue le lundi - Unikin - La tête de Mbikayi visée, test ou piège ?

Les étudiants de la colline inspirée du Mont-Amba viennent, décidément, de hausser le ton pour réclamer la reprise effective des activités dans leurs facultés respectives. A en croire bon nombre d'entre eux, ils en ont ras-le-bol d'être victimes de la grève décrétée depuis le 5 octobre 2018 par le corps enseignant qui, du reste, se serait senti lésé dans la mise en œuvre des Accords signés en novembre 2017 entre le Gouvernement de la République et l'intersyndical des Professeurs d'universités.

Sans ambages, ils sont montés au créneau lundi 12 novembre dernier pour secouer le macadam et ainsi descendre jusqu'au cabinet du Ministre de l'ESU, Steve Mbikayi, afin de lui soumettre leur mémo. Malencontreusement, ils ont été entravés par les forces de l'ordre. A l'issue des accrochages, un étudiant a été victime d'une balle perdue et se trouverait aux cliniques universitaires de Kinshasa pour des soins appropriés. Plusieurs arrestations ont été, également, enregistrées. L'on retiendra que les Professeurs membres de l'APUKIN réclament, entre autres, le manque à gagner lié au taux de 92 FC le dollar américain auquel ils sont payés mensuellement, contrairement, à celui de 162 FC de change sur le marché.

Ils avaient assez menacé sur la toile. Il a suffi qu'il y ait un matin le lundi 12 dernier pour que des milliers d'étudiants de l'Université de Kinshasa se lancent dans la rue afin de réclamer la reprise effective des activités dans leur alma mater. Leurs prétentions, en clair, était d'arriver jusqu'au cabinet du Ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire, Steve Mbikayi, pour lui remettre un mémo explicite. Dommage ! Celles-ci se sont soldées en eau de boudin suite aux barrières posées par des forces de l'ordre dans tous les coins stratégiques des artères menant au site universitaire de cette institution publique.

Aux dernières nouvelles, un étudiant a été victime d'une balle perdue puis conduit aux cliniques universitaires pour des soins appropriés, et plus d'un étudiant ont été arrêtés afin de s'expliquer et d'être identifiés étant donné la tenue de ladite marche n'a pas été, officiellement, communiquée à l'autorité publique. Le début de cette ambiance malsaine sur le site de l'université de Kinshasa doit préoccuper autant l'opinion publique que les autorités compétentes dont le Patron du secteur de l'ESU. Force est d'indiquer que les Professeurs en grève depuis le 05 octobre dernier ; la communauté estudiantine a, carrément, décidé de se révolter pour défendre sa cause. Il faut dire que cette frange importante des étudiants qui a battu le pavé de la colline inspirée du Mont-Amba réclame que des mesures curatives rapides soient trouvées de la part du Gouvernement congolais en faveur de leurs Professeurs.

Rétropédalage

L'on se souviendra, en effet, que le Ministre de l'Enseignement supérieur et université, Steve Mbikayi, avait donné au début de l'année académique 2017-2018 son quitus en faveur des étudiants, autrefois en colère, auxquels il autorisa de payer au taux de 92 FC le dollar américain en lieu et place de 162 FC le dollar du taux de change du marché. Hélas ! Peu avant l'ouverture de l'année académique en cours telle que lancée le 15 octobre dernier, les Professeurs réunis au sein de l'APUKIN, leur principale association, à l'issue de leur assemblée générale décidèrent de fustiger ce verdict de l'autorité de tutelle dont ils dénoncent le manque à gagne de trop.

Les dés étant jetés, il sied de souligner que depuis la rentrée académique, il y a un mois, la reprise des cours n'est qu'illusoire ; aucun auditoire de G1 n'a accueilli jusqu'ici les Professeurs et les étudiants outre la faculté de médecine. Même cas de figure en ce qui concerne les délibérations des étudiants et des défenses de mémoire, sinon, les examens de deuxième session dans plus d'une faculté. Comment Mbikayi, placé dans ses responsabilités, va-t-il agir face à cette situation où le malheur des étudiants fait la joie du corps enseignant et vice-versa ? S'agit-il là de sa tête qui est réclamée, d'un test ou tout simplement d'un piège ? Qui vivra verra, en tout état de cause.

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