Congo-Kinshasa: Division de l'opposition - Pourquoi l'accord de Genève est-il mort-né?

Photo: LePotentielOnline
Les membres de l'opposition rd-congolais

Il aura vécu un peu moins de 24 heures. L'accord de Genève, qui pour la première fois dans l'histoire de la République démocratique du Congo scellait une candidature commune de l'opposition, est mort-né.

Dès le lendemain de sa signature à Kinshasa, deux grandes formations de l'opposition, l'UDPS de Félix Tshisekedi et l'UNC de Vital Kamerhe, ont demandé que leurs chefs de parti reviennent sur leur décision de soutenir la candidature commune de Martin Fayulu.

« Manque de maturité politique », comme l'ont écrit certains internautes après les annonces en cascade du chef de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et de l'Union pour la nation congolaise (UNC) ? Déception de ne pas voir l'un des deux favoris de l'opposition choisi comme candidat commun ?

Stratégie délibérée pour favoriser le pouvoir ? Moins de 24 heures après avoir réussi à s'unir autour d'un homme, l'opposition congolaise a été rattrapée par ses vieux démons de la division.

Du côté de l'UDPS, le revirement de Félix Tshisekedi pourrait bien s'expliquer par sa difficulté à contrôler son propre parti. Selon un membre de l'Eglise, fin connaisseur de la vie politique congolaise, le fils du chef historique de l'opposition « manque de leadership ».

Le parti étant plutôt tenu par des cadres plus radicaux, des éléments qui ont immédiatement appelé au rejet du candidat Martin Fayulu, sans même attendre de lire l'accord signé.

L'UNC, pour sa part, a officiellement incriminé le mode de désignation du candidat commun choisi à Genève, et qu'elle avait pourtant accepté avant de connaître l'issue de l'élection. Un vote à deux tours plutôt que la recherche d'un consensus.

Ce système aurait faussé le résultat des négociations, selon Vital Kamerhe. Après l'UDPS, l'UNC s'est donc engouffrée dans la brèche, une vieille rivalité opposant son chef à Martin Fayulu.

A 10 jours du début de la campagne présidentielle, et avec ces deux poids lourds en moins, le front commun de l'opposition fait pâle figure.

Le pouvoir ne pouvait pas rêver mieux : sur Twitter, la plateforme de soutien au candidat de la majorité, Emmanuel Ramazani Shadary, a immédiatement appelé tous ceux qui ont été déçus par l'opposition congolaise à les rejoindre.

Martin Fayulu, de son côté, s'est dit extrêmement choqué. « Quel signal donne-t-on ? », s'est-il interrogé, tout en appelant Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi à revenir à la raison.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.