13 Novembre 2018

Sénégal: Double meurtre de Médinatoul Salam - Des défenseurs des droits humains exigent le jugement sans délai ou la libération des 16 Thiantacounes

Constatant qu'«aucun obstacle juridique ou matériel ne s'oppose plus à la tenue sans délai» de leur du procès, des organisations de défense des droits de l'homme exigent le jugement des 16 Thiantacounes détenus dans le cadre de l'affaire de Médinatoul Salam.

Selon elles, «seule la volonté des autorités judiciaires de tenir le procès semble faire défaut», en violation des instruments régionaux et internationaux de droits humains dont l'Etat du Sénégal est partie.

«Les personnes poursuivies dans l'affaire du double meurtre de Médinatoul Salam doivent être jugés sans délai.» Ce sont des organisation de défense des droit humains qui s'insurgent ainsi contre la longue détention sans jugement des «Thiantacounes» arrêtés et placés sous mandat de dépôt à la Maison d'arrêt et de correction (MAC) de Thiès depuis 2012.

A travers un communiqué conjoint qu'ils ont signé, Assane Dioma Ndiaye de la Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH), Sadikh Niass de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l'Homme (RADDHO) et Seydi Gassama d'Amnesty International Sénégal, relèvent qu'«aucun obstacle juridique ou matériel ne s'oppose plus à la tenue sans délai du procès des personnes détenues dans le cadre de l'affaire de Médinatoul Salam. Seule la volonté des autorités judiciaires de tenir le procès semble faire défaut.»

C'est pourquoi ils appellent «l'Etat du Sénégal à juger sans délai toutes les personnes poursuivies dans le cadre de l'affaire du double meurtre de Médinatoul Salam.».

Non sans rappeler que les seize (16) personnes inculpées et placées en détention provisoire ont déjà passé plus de six (6) ans et six (6) mois en prison alors même que le juge d'instruction en charge de l'affaire a bouclé son enquête depuis 2013.

Incarcérés à la MAC de Thiès depuis le 26 avril 2012, ces Thiantacounes (disciples de Cheikh Béthio Thioune) sont poursuivis dans l'affaire du meurtre de Bara Sow et Aboubacar Diagne à Médinatoul Salam, dans le département de Mbour.

Ils seront appelés à répondre des faits d'homicide avec actes de barbarie, non dénonciation de crime, association de malfaiteurs, détention d'armes à feu sans autorisation administrative, infraction aux lois sur l'inhumation.

Ils avaient été interpellés en même temps que leur mentor, Cheikh Béthio Thioune. Mais le guide religieux bénéficiera d'une liberté provisoire, pour raisons médicales, quelques mois après pour aller se soigner en France.

En outre, soulignent ces défenseurs des droits de l'homme, «en vertu des instruments régionaux et internationaux de droits humains dont il est partie, l'Etat du Sénégal a l'obligation de juger dans un délai raisonnable toute personne poursuivie pour une infraction pénale ou de la remettre en liberté dans l'attente de son jugement lorsqu'elle est placée en détention provisoire», rappelle la source.

D'ailleurs, le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques, stipule, en son article 9 alinéa 3 que «Tout individu arrêté ou détenu du chef d'une infraction pénale sera traduit dans le plus court délai devant un juge ou une autorité habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires, et devra être jugé dans un délai raisonnable ou libéré.

La détention de personnes qui attendent de passer en jugement ne doit pas être de règle, mais la mise en liberté peut être subordonnée à des agrandies assurant la comparution de l'intéressé à l'audience... »

Sénégal

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