13 Novembre 2018

Sénégal: 15 000 FCFA de plus sur l'indemnité de logement - Le SAEMSS dénonce une imposition à outrance

Comme inscrit dans les accords signés le 30 avril dernier, le gouvernement a procédé à la valorisation de l'indemnité de logement à la fin du mois d'octobre 2018, pour tous les enseignants, tous corps confondus, à hauteur de 15 000FCfa. Les enseignants vont toucher désormais 75 000FCfa pour le logement.

Le Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal (Saemss), syndicat le plus représentatif du moyen secondaire, dénonce une imposition à outrance sur le montant du relèvement du logement dont la conséquence est la baisse du salaire net des enseignants concernés et/ou une augmentation négligeable ou le statu quo.

« C'est un système de vol organisé que nous travailleurs doivent refuser et combattre », tonne le secrétaire général adjoint du Saemss, El Malick Youm.

La mesure est bien effective. L'augmentation de l'indemnité de logement de 15 000FCfa, a pris effet en fin octobre.

Les syndicats d'enseignants qui attendaient de pied ferme cette mesure prise par le Chef de l'Etat, confirme l'application de ce point inscrit dans le protocole du 30 avril 2018. Le relèvement de logement ne fait pas d'heureux du côté des enseignants.

En effet, certains enseignants, au moment de retirer leurs bulletins de salaires, ont constaté une baisse du montant net qu'ils percevaient et/ou une augmentation négligeable ou le statu quo. Qu'en est-il exactement ?

A l'application de cette mesure, l'indemnité de logement des enseignants est passée de 60 000 F Cfa à 75 000 F Cfa.

Cette augmentation inscrit dans la rubrique de l'indemnité représentative du logement correspondant à la ligne 379 du bulletin de salaire, est un gain. Tout gain est assujetti à l'impôt. L'indemnité de logement est un gain.

Dans le cas d'espèce, cette augmentation est non seulement soumise à l'impôt mais aussi au fonds national de retraite et puis au fonds national de retraite complémentaire.

Ainsi, les 15 000FCfa font l'objet de trois retenues et impose par ricochet le salaire vers une nouvelle grille d'impôt. Ce qui va avaliser l'augmentation. Autrement dit : les enseignants ne doivent pas attendre une augmentation de 15 000FCfa sur le net à payer.

Ce qui constituait toujours le point d'achoppement dans les négociations menées pendant une décennie entre le gouvernement et les syndicats d'enseignants, est devenu une boule de glace pour le personnel enseignant.

« L'engagement est effectif. Nous avons un versement de 15 000FCfa sur les bulletins de salaire. Nous avons un système d'imposition à outrance sur les salaires des travailleurs.

Cette augmentation doit être ressentie dans la poche du travailleur », s'insurge El Hadji Oumar Youm, secrétaire général adjoint du Saemss, syndicat le plus représentatif dans le moyen secondaire devant le Cusems de Abdoulaye Ndoye. Selon Youm, « les explications fournies par la direction de la Solde ne sont pas convaincantes ».

Que dit le gouvernement sur la revalorisation de ladite indemnité effective à la fin du mois d'octobre 2018, pour tous les enseignants, tous corps confondus ?

Dans un communiqué, la direction de la Solde a souligné que l'effectivité de cette mesure coïncide « avec le début du remboursement de l'avance-Tabaski (6250), et le quatrième mois de mise en œuvre de la cotisation supplémentaire FNR en vue d'améliorer le niveau des pensions (minimum 4000 pour les agents fonctionnaires) ».

Non sans indiquer que les « autres échéances sont respectivement prévues le 1er janvier 2019 (10 000 FCfa) et le 1er janvier 2020 (15 000 FCfa) ».

« Nous battons en brèche ces arguments avancés par la direction de la Solde. L'augmentation doit impacter sur le salaire global ; alors qu'elle se traduit en baisse de salaire pour certains, une augmentation négligeable ou le statu quo.

La principale cause est le système d'imposition pratiqué sur les salaires des enseignants qui se fait à outrance », insiste Malick Youm. Avant de revenir sur le paiement des rappels où, dit-il, « nous avons relevé une application d'imposition qui dépasse de loin les taux normaux. Un système de dérégulation anormal est constaté ».

« Les travailleurs ne veulent même plus recevoir des rappels. Vous recevez un rappel sur lequel l'Etat pratique des impôts élevés. C'est un système de vol organisé que nous travailleurs doivent refuser et combattre. Nous acceptons une imposition sur les 15 000FCfa, car nous sommes des citoyens », poursuit-il.

Pour faire face à une application sur l'indemnité de logement qu'ils jugent dévoyée, les enseignants du G6 vont se réunir, informe Youm, incessamment pour se prononcer sur toutes les questions relatives aux accords.

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