14 Novembre 2018

Rwanda: Des "histoires de vie" pour un déclic en faveur d'un accès des jeunes à la Planification familiale

Des tranches de vie d'adolescents "victimes" du manque d'informations ou de l'absence de services en santé reproductive et sexuelle à travers le monde ont été racontées à la tribune de la 5e Conférence internationale sur la planification familiale, mercredi à Kigali (Rwanda), dans l'optique de créer "un déclic" en faveur d'un plus grand accès à la planification familiale.

Les vécus de plus d'une quinzaine de personnes ont été ainsi mis en scène et racontés sur fond de tragédie par des jeunes leaders de l'Alliance internationale pour la planification familiale, des artistes, activistes et dirigeants d'organisations de la société civile lors de la session plénière d'ouverture du jour.

Il y a par exemple cette adolescente ayant perdu sa mère à l'âge de 3 ans et qui voit ses règles pour la première fois. Effondrée par la vue de tout ce sang qui tachait sa robe, elle a cru avoir une maladie incurable qui la fera rejoindre sa mère bientôt dans les cieux, raconte l'actrice américaine Jess Jacobs.

A la maison où elle retrouve son père pour lui montrer sa robe tachée, il lui dit qu'il "suffit juste d'aller se laver".

"Je me suis tellement lavée que j'ai eu des écorchures, mais le sang continuait de couler", confie la jeune adolescente, qui va finalement recevoir la visite de son amie, venue la rassurer sur "cette période normale de passage de l'enfance à l'adolescence".

Au tour ensuite du docteur Joséphine Kibaru, directrice exécutive de Population Council au Kenya, de délivrer l'histoire d'une jeune fille enceinte à 16 ans, qui a fait une fausse couche, suite à quoi elle ne peut plus avoir d'enfant.

Jeune leader en Inde et active dans une association de promotion de la santé reproductive pour les adolescents et les jeunes, Nyekha Sekulu a rapporté l'histoire d'une femme mariée à 16 ans, qui a donné naissance à 11 enfants en une quinzaine d'années.

"Quand elle a entendu parler de méthodes contraceptives, elle en fait part à son mari pour qui un homme incapable de continuer de faire des enfants n'en est plus un", raconte la jeune indienne.

Le manque d'informations, l'accès difficile aux soins de santé sexuelle et reproductive, ont été mis en avant pour expliquer ces "histoires de vies brisées, d'avenir compromis, d'enfance volée".

Pourtant, ont rappelé certains narrateurs de ces histoires, selon les dispositions de la convention des Nations unies relative aux droit de l'enfant, les adolescents "ont le doit de jouir des normes de santé les plus élevées possibles, y compris les informations et services relatifs à la contraception".

"Ce sont des histoires qui ont été personnalisées par les narrateurs, des histoires vraies vécues par les adolescents et les jeunes dans le monde", a expliqué Seybatou Compaoré, 23 ans, étudiante en 5e année de médecine au Burkina Faso.

Lors de la session, elle a raconté l'histoire d'une fille élevée par sa grand-mère qui ne lui a jamais parlé de la sexualité et des changements de son corps à la puberté. Des informations qu'elle n'a pu avoir de l'école, ni auprès des services de santé.

Il était ainsi question de personnaliser ces histoires dans la grande salle du Centre de conférences, devant les délégués des gouvernements, de la société civile, des organisations partenaires afin qu'ils comprennent les problèmes de santé reproductive auxquels les jeunes sont confrontés dans leurs communautés.

"Ces barrières, nous devons les rompre pour l'accès des jeunes aux informations sur la santé reproductive", a souligné la directrice exécutive de Women Deliver, Katja Iversen, dont l'organisation est active dans le plaidoyer pour l'éducation des filles et l'autonomisation des femmes à travers le monde.

Au Sénégal, selon le directeur de la santé de la mère et de l'enfant, docteur Omar Sarr, des programmes spécifiques pour les jeunes et les adolescents sont en cours pour leur donner connaissances, compétences et informations relatives à leur santé reproductive.

Une division a été ainsi érigée au sein de la Direction de la santé de la mère et de l'enfant qui s'occupe exclusivement de la santé des jeunes et des adolescents, a-t-il signalé.

En pré-conférence, dimanche, à la veille de l'ouverture de la rencontre, 600 jeunes ont pris part à une session qui a permis de débattre de l'impératif de promouvoir des services de contraception adaptés aux adolescents.

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