15 Novembre 2018

Madagascar: Exclusion financière - 29% des Malgaches s'intéresse aux banques

« Privilégier l'éducation financière est une priorité » dixit Tiana Ramparany Ramanarivosoa

La sécurisation des emprunts n'est pas encore une préoccupation des gens. Le recours à l'emprunt est devenu un usage inévitable en cas de rupture de moyens dans chaque foyer. Demander secours à l'épicier ou au commerçant suffisamment connu est parfois la solution finale. Or, des banques et des institutions de crédit existent effectivement à Madagascar. L'intérêt porté sur les institutions financières est cependant moindre. Les Malgaches accordent plus de confiance à leurs proches qu'aux institutions en matière pécuniaire. L'attractivité par rapport aux services offerts par le secteur bancaire reste réduite actuellement.

« L'éducation financière quasi-inaccessible aux Malgaches fait obstacle à l'ouverture d'esprit vis-à vis des services financiers. Les gens préfèrent recourir aux solutions faciles mais qui ne sont pas durables. La stratégie nationale d'inclusion financière de Madagascar est une réponse à la situation qui mine les ménages. Il est question de persuader les gens qu'une sécurité juridique est possible pour les transactions financières en banque ou en microfinance, ainsi que pour les opérations en assurance », affirme Tiana Ramparany Ramanarivosoa, coordinatrice nationale de la finance inclusive. Opter pour les services en banque ou assurance concerne seulement 29 % des Malgaches mais atteindre le taux de 45 % d'ici 2022 est l'objectif dans la stratégie d'inclusion financière.

Méfiance

Des transactions en dehors du circuit financier persistent dans la vie quotidienne des gens. La perception même de la banque ou de l'assurance comme des récupérateurs d'argent reste dans la conscience commune.

« Faire un emprunt ou un dépôt en banque ne me dit rien même si je suis cadre d'une entreprise », affirme Niaina, une salariée et mère de famille. L'argent doit rester à la merci de celui qui s'efforce de le gagner et doit se situer en dehors de toute manipulation d'une quelconque instance, selon les opinions convergentes dans la société. Les individus reprochent également à l'assurance d'être un signe de luxe pour ceux qui préfèrent garantir financièrement leur vie à l'avenir. « Assurer ma survie reste ma priorité à travers mon gagne-pain de tous les jours. Une fois qu'un véhicule sera en ma possession, l'assurance sera cette-fois là une préoccupation pour moi », indique Alex, un jeune commerçant ambulant. C'est justement pour briser ces mythes qui bercent l'entendement commun que l'inclusion financière est lancée. « Initier les gens à découvrir par exemple les offres d'assurance en dehors des assurances obligatoires est un travail à faire. Promouvoir la sécurité juridique offerte par les institutions financières tant en matière d'emprunt que de dépôt est un défi », avance un participant à la conférence de lancement de la stratégie d'inclusion financière à l'Hôtel Colbert, la matinée du 14 novembre. L'État tente de briser le désintérêt porté sur le secteur bancaire et les offres d'assurance à travers la Coordination Nationale de la Finance Inclusive au Ministère des finances et du budget.

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