15 Novembre 2018

Tunisie: Les épiciers tirent les ficelles

Huile subventionnée : des cageots vides

En ce lundi 12 novembre, le Marché central enregistre une affluence timide. Il est quatorze heures. Sur place, il est quasiment impossible de trouver de l'huile végétale subventionnée dans le point de vente réservé à ce produit. L'affluence n'est plus la même depuis que celle qui est vendue au «bon peuple» à un prix inférieur à un dinar le litre a disparu des étalages. Un commerçant des lieux a bien voulu nous informer. «Ce matin, il y en avait très peu à peine, voire pas du tout. Mais je ne saurais vous communiquer les raisons de cette pénurie». En jetant un coup d'œil attentif au stand de distribution de l'huile subventionnée, on remarque que les cageots sont vides, retournés les uns sur les autres et sens dessus dessous. A croire que la livraison est terminée, alors qu'en fait, c'est tout le service qui est aux abonnés absents. Pauvres mères de familles modestes et grand-mères démunies recluses chez elle qui devront payer le prix fort pour préparer les plats de cuisine à base de fritures. Le litre d'huile de maïs en magasin se vend en moyenne à 3,5 dinars le litre.

Concernant l'huile d'olive qui coûte la bagatelle d'une douzaine de dinars, il vaudrait mieux passer son chemin pour ceux qui n'en n'ont pas les moyens.

Interrogé sur cette pénurie, M. Houssem Touiti, directeur du contrôle et des enquêtes économiques au ministère du commerce préfère plutôt relativiser : «Ce point de vente centralisé est destiné aux citoyens spécialement durant le mois de Ramadan afin d'alléger la demande». Sinon, ce sont les épiciers et d'autres circuits qui fournissent durant le restant de l'année cette huile subventionnée au prix de 900 millimes le litre, notamment dans les quartiers pauvres de Tunisie.

Période de basse lactation et rationnement du lait

Au sujet du lait, M. Touiti affirme que les grandes surfaces opèrent des ventes au rationnement à raison de deux paquets par ménage. Il y a une pression sur la demande, alors que la production est manquante, car on est en période de basse lactation, explique ce dernier. Ce qui ne fait qu'accentuer la pénurie drastique de ce produit crémeux. «La situation devrait s'améliorer à la fin de l'année au terme du mois de décembre», ajoute-t-il.

Concernant les œufs, il n'y a pas lieu de parler d'une quelconque pénurie ou de hausse de prix fortuitement à l'heure actuelle. Enfin, pour boucler la boucle des produits de base, il fallait bien rajouter un ingrédient culinaire : le sucre. Une pénurie de sucre risque de se faire sentir à l'approche du Mouled. Cette fête de rite musulman est particulièrement appréciée des Tunisiens, car elle offre l'occasion de déguster un entremets sucré délicieux qui est une crème à base de graines de pin d'alep (zgougou) ou de noisettes. Ce qui risque d'entraîner un pic de la consommation de sucre en vrac et de faire ainsi l'affaire des spéculateurs de tout acabit.

Déjà qu'un appel au boycott du zgougou a été lancé par l'Organisation de défense du consommateur, à cause du prix élevé du kilo de pin d'Alep qui atteint les 25 D. On n'est pas au bout de nos surprises, voire de nos peines!

Tunisie

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