15 Novembre 2018

Mali: Concertations régionales sur fond de tension au pays

Les concertations sur la réforme territoriale qui devaient se terminer ce jeudi, se sont tenues dans un climat de tensions. Soumaila Cissé, chef de l'opposition a appelé à un boycott. À Gao, elles n'ont pas pu s'ouvrir.

À Gao, société civile et les groupes armés ont rejeté les termes de référence de la rencontre. Le projet de redécoupage administratif qui devait être discuté vise à la création de nouvelles circonscriptions régionales faisant ainsi passer le nombre de régions de huit à dix-neuf.

Rejet de l'opposition

Dans le camp de Soumaila Cissé, candidat malheureux à la présidentielle de cette année et leader du FSD, le Front pour la sauvegarde de la démocratie (ndlr Front anti-IBK), c'est l'impréparation et le manque de dialogue autour du projet de redécoupage territorial et des concertations régionales qui sont décriés.

"Même si c'était des autorités légitimes, la manière dont on a procédé à la «hussarde» est totalement inadmissible. On ne réinvente pas la roue », a regrettéDjiguiba Keita, du PARENA, (le parti pour la renaissance nationale) est un membre du FSD.

Du côté de la majorité présidentielle, on préfère ironiser et rappeler en même temps à l'opposition que c'est pour permettre aux populations de ces régions de s'acquitter notamment de leurs droits civiques, comme le droit vote, qui est en jeu.

"Il y'a des gens qui s'agitent. Tard vaut mieux que jamais. En ce qui concerne l'organisation de ces assises régionales, tout le monde sait qu'il y'a eu des assises locales et depuis que le décret est pris en 2012, les populations n'ont jamais cessé de réclamer une réorganisation", a précisé Sekou Fantamadi Traoré, député du parti ADEMA PASJ à l'Assemblée nationale du Mali.

Tension à Gao

Ces assises régionales se tiennent sur l'ensemble du territoire national à l'exception de deux régions du nord du Mali, à savoir Ménaka dont l'ouverture des travaux est annoncée pour ce jeudi et à Gao où les groupes armés de la plateforme, soutenue par la société civile accuse l'Etat de « favoritisme ». Ils ont pris mercredi, le contrôle des différents sites devant abriter la rencontre.

"L'agenda de l'heure, c'est sauver le Mali. On doit pouvoir dépasser tous les clivages réels ou artificiels, se mettre à une hauteur pour que de cette crise, on en sorte tous. Sinon c'est les autres qui vont régler notre problème à notre place", a réagi Ousmane Sy, ancien ministre malien de la décentralisation, pour qui, l'unité de la nation a été rarement aussi mise à mal.

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