16 Novembre 2018

Sénégal: Restauration des finances publiques - L'optimisation fiscale s'impose

Le ministre de l'Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba, en admettant mardi dernier, en marge de la Revue conjointe du portefeuille des opérations de la Banque mondiale au Sénégal que le Sénégal connait des tensions et quelques difficultés de trésorerie donne de la matière à réfléchir.

Surtout sur les mesures à prendre pour résorber le gap et par ricochet restaurer les finances publiques sans donner du fil à retordre aux Sénégalais.

Dans tous les pays du monde lorsque l'Etat fait face à des difficultés de trésorerie, des astuces fiscales lui sont permises pour y faire face. Cette option s'applique à toutes les sociétés bénéficiant d'une remise fiscale mais également trouver toutes les niches fiscales à même de recouvrir le manque à gagner pour reprendre du poil à la bête.

Ce mécompte s'explique par «la hausse drastique du prix du baril de pétrole et l'appréciation du dollar» comme l'a fait valoir le ministre de l'Economie, des Finances et du Plan Amadou Ba.

Une tension de trésorerie qui, si la situation actuelle perdure, va sans doute causer des dégâts collatéraux notamment sur certains projets et programmes (chantiers arrêtés), sur le ralentissement de l'activité économique du secteur privé national déjà mal en point, à cause de la concurrence déloyale des entreprises étrangères, mais également sur la dette intérieure de l'Etat vis-à-vis des entreprises nationales particulièrement les universités et instituts privés à coût de milliards, les BTP.

S'y ajoute le front social, depuis des mois déjà en ébullition particulièrement le secteur de la santé, de l'éducation, faute de non-respect des engagements pris par rapport aux indemnités pour certaines catégories sociales et des retards de salaire pour d'autres.

Mamadou Lamine Diallo dans le document produit par Africa Check confiait déjà ceci: «On commence toujours par le plus facile, l'endettement intérieur, à savoir les universités, les instituts supérieurs, le nettoiement des ordures, les hôpitaux, les fournisseurs de l'Etat, les entreprises de BTP, etc.

Les arriérés intérieurs, en fin décembre 2017, sont estimés à 200 milliards de FCFA. C'est ce qui explique les retards de paiements des salaires des enseignants notamment et la montée de la fronde sociale».

Le service de la dette annuelle en ascendance

Déjà en fin décembre 2017, l'Assemblée nationale, dans le projet de loi de finances 2018 renseigne que l'Etat du Sénégal doit honorer une dette de 732,49 milliards de francs en 2017 contre 588,51 milliards de francs en 2016.

Donc, une courbe effrayante de la dette, confortant les alertes incessantes du Fonds monétaire international (Fmi), qui ne rate aucune occasion pour alerter les autorités à faire preuve de prudence en termes de gestion budgétaire.

Et selon les prévisions budgétaires dudit document, cette dette atteindra 839,8 milliards de francs en fin 2018 car, rien que les intérêts à payer sont estimés à 221 milliards de francs en 2017. Ce qui représente une partie de la dette intérieure.

Dans la même perspective, la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) corroborait que la dette intérieure globale représente 1279,6 milliards de francs en fin 2017.

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