18 Novembre 2018

Afrique de l'Ouest: Entretien avec Christian Adovelande, président de la BOAD

interview

La Banque ouest africaine de développement (BOAD) a célébré les 14 et 15 novembre 2018 à Lomé au Togo ses 45 ans d'existence avec un forum sur le thème « L'énergie solaire dans l'économie des pays de l'UEMOA : état des lieux, enjeux et politiques ». A l'issue de la rencontre, le président de la BOAD, Christian Adovelande, a accordé un entretien à la presse durant lequel il revient sur l'engagement de son institution à financer le climat.

Est-ce que la BOAD est optimiste pour ce qui est de la mobilisation des ressources ?

Il faut rappeler le sens des 45 ans qui sont pour nous, 1 130 projets financés pour près de 5 300 milliards de francs CFA. En termes de mobilisation des ressources, ça fait 3 000 milliards de francs CFA mobilisés sur la période dont près de 1 500 milliards pour les 5 dernières années. Donc notre banque sait comment mobiliser les ressources. Nous avons une coopération très forte avec la plupart des institutions qui interviennent dans le climat notamment des énergies renouvelables. J'ai parlé de notre accréditation avec le Fonds vert, le Fonds pour l'environnement mondial et le Fonds d'adaptation. Nous travaillons beaucoup avec la Banque mondiale qui est également très engagée dans le secteur mais aussi avec l'Union européenne. Nous avons déjà commencé par mobiliser les ressources comme cela a été dit au cours du forum mais c'est encore insuffisant. Nous devons jouer notre rôle de catalyseur pour drainer toutes ces ressources. C'est notre responsabilité et nous le ferons. Nous avons déjà mis en place tous les mécanismes qu'il faut pour jouer ce rôle et nous pensons que nous allons réussir avec tout le soutien des projets que nous avons.

 A l'issue de ce forum, allez-vous œuvrer dans la continuité ou ce seront de nouveaux défis ?

Les défis sont toujours là. Tout en renforçant ce que nous faisons actuellement, nous devons aller vers d'autres horizons. Au cours du forum, j'ai beaucoup parlé de la finance climat. Il y a juste 5 ans que cette priorité s'est imposée à nous et nous avons mis en place toutes les reformes qu'il faut pour aller dans ce secteur, mais nous restons stratégiquement sur le financement des infrastructures dans tous les domaines. Nous sommes dans la sécurité alimentaire, nous y resterons ainsi que le renforcement aux structures privées. Nous sommes aujourd'hui à 74% de financement en direction du secteur public et 26% vers le privé.

De plus en plus, nos économies, notamment pour ce qui est de la transformation de nos matières de base, vont vers le secteur privé. Donc, il y a lieu de renforcer notre action en direction de ce secteur. Tout en consolidant ce que nous avons fait pendant 45 ans, nous sommes obligés d'aller vers de nouveaux enjeux notamment l'électrification rurale, l'énergie solaire et tout ce qui concerne l'environnement.

 Quelles sont les prévisions de la BOAD dans le domaine de l'énergie solaire ?

Pour parler des prévisions, il faut parler de ce que nous avons déjà fait. Depuis 5 ans, nous sommes dans ce domaine avec au total 18 projets pour un montant total de 185 milliards de francs CFA.

Mais c'est largement insuffisant par rapport aux besoins. Autant les besoins sont illimités, autant notre action doit être illimitée et tant que nous pouvons mobiliser les ressources, nous irons sur tous les projets qui vont se présenter à nous, naturellement ceux qui sont viables.

Quelles sont les potentialités de la région ouest-africaine en matière d'énergie solaire ?

Tous les experts ont reconnu que nous sommes dans la zone la plus ensoleillée, donc il n'y a pas de raison que nous ne mettions pas les moyens qu'il faut pour profiter de cette manne. Il nous appartient de nous organiser pour utiliser tous les mécanismes et modèles qui nous permettent d'aller dans ce secteur qui est l'avenir de notre continent donc celui de la BOAD. C'est un engagement que nous prenons et nous y travaillons. C'est ce qui explique ces accréditations que nous sommes allés chercher.

 Quels seront les instruments que vous allez utiliser pour des financements innovants ?

Les types de financement sont variés. Maintenant il s'agit de voir comment les adapter aux différents projets qui se présentent à nous. Le problème n'est pas les ressources financières, mais c'est de trouver des projets viables, bancables et il est de notre responsabilité d'accompagner les porteurs pour qu'ils nous présentent de tels projets.

Depuis toujours, nous avons été en aval, nous avons tendance à attendre que les projets viennent à nous. Mais aujourd'hui, il nous appartient d'accompagner, d'encadrer et de renforcer les capacités des porteurs de projets.

Ce sera un rôle que nous allons jouer de plus en plus.

Afrique de l'Ouest

L'accalmie à Béoumi !

Béoumi a frémi. Béoumi a blêmi. Béoumi a mal dormi. Béoumi a frôlé… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 Sidwaya. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.