19 Novembre 2018

Centrafrique: L'ancien chef anti-balaka centrafricain Alfred Yekatom à la CPI - Soulagement des organisations de défense des droits de l'homme

Photo: Till Muellenmeister/IRIN
(Photo d'archives) - Des combattants anti Balaka a Bangui traquant des musulmans

L'actuel député, ancien chef anti-balaka, pourrait être le premier centrafricain jugé par la CPI. Un transfert qui soulage les organisations de défense des droits de l'homme.

L'ancien chef anti-balaka et désormais député Alfred Yekatom a été extradé depuis Bangui, samedi 17 novembre, vers la Cour pénale internationale de La Haye. Accusé de crime de guerre et de crime contre l'humanité pour des actes qu'ils auraient commis entre 2013 et 2014, il pourrait être le premier Centrafricain à être jugé par la CPI.

Tout s'est accéléré samedi. Vers 13h30, l'ancien député, aussi appelé Rambo, décolle direction La Haye. Ancien chef d'un groupe d'environ 3000 anti-balaka, il est accusé d'avoir perpétré de multiples crimes comme des meurtres, des actes de torture, des attaques contre les populations ou encore l'enrôlement d'enfants soldats... La liste est longue. Une extradition qui survient seulement deux semaines après son arrestation à l'Assemblée nationale, où il été arrêté après avoir ouvert le feu dans l'hémicycle lors de l'élection du nouveau président du Parlement.

Enquête depuis 2014

En 2014, le gouvernement de transition centrafricain saisit la CPI pour enquêter sur les crimes commis sur son territoire. Selon Célestin Nzala, avocat inscrit sur la liste des conseils à la CPI, le nom de Yekatom est ressorti car le Procureur avait suffisamment de preuves pour l'inculper et délivrer un mandat. "Selon la stratégie adoptée par le procureur, il est possible que les éléments à charge qu'il a collectés sont en nombre suffisant", explique-t-il.

Pour lui le transfert permet aussi "d'éviter que cette personne continue de commettre des crimes connexes à ce qu'on lui reprocherait. Ce sont des raisons qui ont pu amener le procureur à obtenir le mandat de la chambre préliminaire pour mettre la main sur cette personne qu'on appelle Yekatom, alias Rombo."

"Un ouf de soulagement"

Une arrestation qui sonne comme une première victoire pour les organisations de la société civile. Dans les locaux de l'Observatoire centrafricain des droits de l'Homme, Evrard Bondade, le secrétaire général, ne cache pas sa joie : "C'est un ouf de soulagement", explique-t-il. "Nous ne pouvons que nous réjouir car nous savons que l'heure a sonné pour que les différents présumés auteurs, les coupables qui ont semé la désolation en République centrafricaine répondent de leurs actes devant les juridictions compétentes".

Pour lui, qu'importe la juridiction, le plus important est que justice soit rendue. "Pas seulement concernant Rambo, mais aussi pour tous les autres présumes auteurs sous sanctions onusiennes."

Pour lui, cette extradition vient redorer le blason de la CPI en RCA. Affaiblie à la suite de l'acquittement de Jean-Pierre Bemba en juin, la cour internationale vient rassurer les Centrafricains vis-à-vis de la Cour pénale spéciale, inaugurée fin octobre, qui pour l'heure étudie les plaintes des victimes. Et si le gouvernement est resté discret, il devrait s'exprimer ce lundi sur cette question.

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