Madagascar: Second tour de la presidentielle - Éviter le remake de 2001-2002 !

Ratsiraka, Ravalomanana et Rajoelina considérés comme les grands favoris du scrutin du 7 novembre.
18 Novembre 2018
analyse

La Commission électorale malgache a rendu publics les résultats provisoires de la présidentielle du 7 novembre dernier. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le président sortant Hery Rajanarimampiana a mordu la poussière, battu qu'il est par deux anciens chefs d’État. Il s'agit, pour ne pas les nommer, de Andry Rajoelina (39,19%) et Marc Ravalomanana (35,89%).

Les deux hommes qui s'affronteront le 19 décembre prochain, sont connus pour être des ennemis jurés. Pour rappel, le premier cité a succédé au second par un coup d'Etat, ainsi que l'avait qualifié la communauté internationale qui, du reste, les avait écartés de la présidentielle de 2013.

C'est dire si le scrutin du 7 novembre dernier avait un parfum de revanche pour les deux hommes qui, dès l'entame du dépouillement, s'étaient dit confiants dans leur victoire. C'est pourquoi il y a lieu de craindre un remake de 2001-2002 où un candidat, en l'occurrence Marc Ravalomanana, avait revendiqué la victoire, provoquant une crise politico-militaire qui, en plus d'avoir duré sept mois, avait laissé une centaine de cadavres sur le carreau.

Or, après une campagne électorale globalement civilisée qui n'a enregistré ni couac ni dérapage, les Malgaches n'ont pas le droit de décevoir surtout qu'ils ont donné un bel exemple de démocratie au reste du monde, après que le président sortant, candidat à sa propre succession, a cédé ses pouvoirs au président du parlement, et ce, deux mois avant le scrutin.

En tout cas, après le Sénégal et la Gambie, Madagascar est, sauf erreur ou omission, le troisième pays africain où un président sortant a été battu à la régulière dans les urnes, même si pour laver son honneur, ce dernier crie à la fraude. On oublie volontiers le cas béninois où, soutenu par le chef de l'Etat en fin de mandat, le candidat du pouvoir n'a pas pu tenir la dragée haute à celui de l'opposition.

Mis bout en bout, ces quelques exemples donnent à espérer quant à l'avenir de la démocratie sur le continent africain. Il faut en tout cas, espérer que soit révolue, l'époque où était en vogue le slogan selon lequel, « en Afrique, on n'organise pas des élections pour les perdre ».

Certes, comparaison n'est pas raison, mais ce qui est en train de se passer sur la Grande Ile, doit donner à réfléchir à l'opposition congolaise qui, unie, peut battre le poulain de Joseph Kabila, qui se rêve déjà un destin national. Le triomphe de l'opposition n'est pas impossible !

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