Sénégal: Retrait de l'agrément de l'ONG Lead Afrique francophone - Douze organisations de la socièté civile se «rebellent»

Au Sénégal, la société civile a affiché son unité avec le mouvement Y’en a marre, Ici Fadel Barro, lors d’une conférence de presse, et affirmé qu’une médiation avec les autorités était en cours pour apaiser les tensions.
19 Novembre 2018

Le bras de fer entre le pouvoir en place et la société civile, dont un premier signe s'était manifesté avec la virulente sortie de Macky Sall contre Seydi Gassama d'Amnesty international, a pris une autre tournure.

Cette fois, c'est tout simplement l'agrément de l'Ong Lead Afrique Francophone, très proche de Y en a marre, qui a été retiré par le ministre de l'Intérieur Aly Ngouille Ndiaye.

En réplique, douze organisations de la société civile sont montées au créneau pour réclamer le retrait pur et simple de l'interdiction d'exercer brandie par le ministère de l'Intérieur.

Réunies dans ce qu'elles appellent «une initiative spontanée», douze (12) organisations de la société civile ont dénoncé la décision du ministre de l'intérieur, «abrogeant l'arrêté autorisant la création de l'association de l'ONG Lead Afrique Francophone et, mettant ainsi fin à l'autorisation accordée à cette association et ordonnant la cessation immédiate de ses activités sur le territoire national ».

Dans une déclaration rendue publique, ce samedi 17 novembre, les douze organisations de la société, témoignant leur solidarité aux associations Y'en a marre et Enda lead Afrique francophone qui «font l'objet de persécutions injustes de la part du ministère de l'Intérieur», ont réclamé «un retrait immédiat» du controversé arrêté signé par Aly Ngouille Ndiaye.

Pour cause, estiment-elles, «Au-delà de cet acte grave et inacceptable dans le fonctionnement d'un Etat de droit, il faut constater des tentatives répétées depuis un certain temps de l'autorité publique de réduire l'espace public d'expression des citoyens et des organisations de la société civile par des menaces et actes d'intimidation qui ne peuvent prospérer dans notre démocratie qui consacre les libertés individuelles et collectives et la participation citoyenne dans sa charte fondamentale et dans l'essentiel des textes juridiques organisant la république sénégalaise».

«Nous considérons que les périodes électorales sont des moments de tensions et de mise en œuvre de stratégies d'endiguement des forces sociales qui, pourtant, ne travaillent que dans le cadre de l'intérêt public à travers des actions destinées au progrès économique et social des citoyens et au renforcement de notre démocratie», martèlent encore ces organisations.

Il s'agit entre autres, du Collectif des Organisations de la Société Civile pour les Élections (Cosce), Amnesty International Sénégal, Forum Social Sénégalais, la RADDHO, Y en a marre, Legs Africa, Article 19 Sénégal/Afrique de l'Ouest, Cicodev, Cos/M23, Alioune Tine, Lead Sénégal et l'Union des Indépendants du Sénégal.

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