Afrique: Restitution des biens culturels - Le rapport Savoy-Sarr, une polémique en vue

Figurines anthropomorphe (fin du XIXe, début du XXe siècle) dans l’exposition « Madagascar, arts de la Grande Île » au musée du Quai Branly.

Du nouveau sur l'épineuse question de la restitution des biens culturels africains détenus par les musées français. Le président français avait annoncé vouloir mettre en œuvre d'ici cinq ans des restitutions temporaires et définitives.

Emmanuel Macron avait nommé Bénédicte Savoy et Felwine Sarr avec pour mission de réfléchir au retour de ces œuvres d'art en Afrique. Ils doivent remettre leur rapport vendredi au chef de l'Etat, mais le magazine français Le Point a pu avoir accès aux bonnes feuilles. Un document qui risque de provoquer des remous.

Bénédicte Savoy et Felwine Sarr vont-ils fâcher Emmanuel Macron ? Dans la lettre de mission adressée aux deux rapporteurs, le président évoquait clairement la circulation des œuvres allant jusqu'à de possibles restitutions.

Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, affirme Le Point, n'auraient retenu que le terme restitution pérenne. Et pour les deux spécialistes, on restitue quand il y a eu vol, village, spoliation, etc. et logiquement il y doit y avoir réparation, restauration.

De là à parler de bien mal acquis, il n'y a qu'un pas. Certains historiens de l'art soulignent l'étroitesse de la pensée de Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, qui volontairement ignorent l'existence d'un marché et donc de marchands africains.

Tous les objets dans les musées français ne sont pas des butins de guerre. L'approche des auteurs serait en partie condescendante et ferait fi d'une partie de la réalité historique.

En pointillé, à la lecture du rapport, une question s'impose : que restera-t-il par exemple au musée du quai Branly ? Une idée que d'aucuns jugent un peu loufoque est celle-ci : la confection de doubles dont la charge « auratique » serait assurée par des mécanismes de mise en récit.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.