Cameroun: Musique-Avenir Ava - Un rêve brisé

L'artiste est décédé le 18 novembre dernier à Yaoundé après une agression violente. Le lancement de son deuxième album était pourtant imminent.

Pourquoi face à l'injustice et à la violence de ce crime, personne n'a de mots. Seules des questions sans réponses. Sa vie lui a été arrachée le 15 novembre dernier, quand des assaillants à moto lui ont tiré dessus à deux reprises. Tout est allé très vite. Quelques secondes pour des années de douleur éprouvée par sa famille, ses amis, ses fans. Dimanche à l'Hôpital central de Yaoundé, l'annonce de son décès a provoqué une onde de choc. L'artiste à la voix douce, aux textes éducatifs et aux mélodies apaisantes s'en va à l'âge de 37 ans, alors qu'il était sur le point de présenter au monde un single, avant-goût de l'album à paraître l'an prochain. Cette année 2018 devait être celle de la relance, après plusieurs années à attendre son come-back.

Pour l'auteur de ces lignes, Avenir Ava Simon Landry, époux et père, était ce grand frère talentueux du Carrefour des carreaux, un quartier situé non loin de la Base aérienne 101 à Yaoundé. Ses premières classes, il les fait au club musique du Lycée général Leclerc. Le déclic vient quand il achète une guitare d'occasion chez un ami d'enfance, Willy Enama. « C'est avec Willy qu'il va perfectionner son doigté, mais aussi au sein de la chorale EPCO, puis à la chorale classique de Mvolyé », se souvient Ndzengue Mbida, un de ses meilleurs amis. D'autres artistes comme Ruben Binam Bikoï, Willy Etoundi et Corry Denguemo des Macase, ou le pianiste Serge Nguini, vont le prendre sous leur aile. En 2003, Joseph Ebode, pianiste du Kayou Band, l'introduit au cabaret le Bois d'ébène. Il y travaillera la scène pendant un peu plus de trois ans.

Son registre, Avenir Ava le classait dans la World Music, même s'il a plusieurs fois posé des notes sur des œuvres d'artistes bikutsi et ekang. En 2007, il se révèle au grand public avec son album intitulé « Man'Nui » (L'orphelin), particulièrement avec l'extrait « Abié ». Cet hommage aux femmes, aux mères, qui supportent leurs enfants quelles que soient les épreuves, devient le chouchou des chaînes de radio et de télévision. Ce titre sera d'ailleurs sa principale signature. L'ensemble de ce premier opus sorti reflète d'ailleurs la quête artistique d'Avenir Ava. Un attachement vivace à sa terre le Cameroun, l'amour du prochain qu'il ne cesse de prôner, sans oublier ce côté d'artiste engagé visible alors qu'il prend le micro pour dénoncer des phénomènes comme la corruption en milieu scolaire.

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