20 Novembre 2018

Madagascar: Présidentielle malgache - Andry Rajoelina dénonce des manipulations

Arrivé en tête de la course selon des résultats partiels du scrutin du 7 novembre, l'ancien président de la transition a dénoncé le manque de « transparence » de la commission électorale qui compile les résultats.

Selon les résultats provisoires publiés par la Céni, Andry Rajoelina a obtenu 39,19% des voix. Il est le troisième ancien chef d'Etat après Hery Rajoanarimampianina et Marc Ravalomanana à mettre en doute les résultats de la Céni.

Devant ces partisans réunis à son quartier général, Andry Rajoelina a expliqué pourquoi son score aurait dû être plus élevé. Le candidat numéro treize remet en cause le logiciel utilisé par la Commission électorale nationale indépendante pour comptabiliser les votes.

« Ce logiciel est truqué. On a fait en sorte que je ne monte pas à plus de 40%. Ils ont gonflé le nombre d'électeurs et réduit le nombre de votes du candidat numéro 13 en redistribuant ses voix aux autres candidats. Il n'y a qu'une seule chose sur laquelle nous sommes d'accord. C'est que le numéro 13 est en tête et il a distancé Marc Ravalomanana. Voilà ce qu'on accepte. Nous sommes les premiers, mais pas avec ces chiffres-là », a-t-il déclaré.

Si l'ancien président de la transition se garde de donner le nombre précis de bureaux de vote où ces failles ont été constatées, il indique qu'il dispose de toutes les preuves nécessaires pour prouver ces truquages : « Il ne faut pas jouer avec le choix du peuple malgache. Il attend et espère une élection propre et transparente. Ce n'est pas le déroulement du scrutin le problème, mais c'est le traitement des résultats qui pose question. On demande qu'il y ait un audit le plus vite possible du logiciel que la Céni utilise. Nous avons saisi la Haute Cour constitutionnelle. J'ai foi en sa sagesse et j'accepterai sa décision. »

Pour sa part, la Céni a souhaité répondre à ces accusations. Elle a indiqué dans un communiqué que le logiciel utilisé a « déjà fait l'objet d'un audit » et qu'« aucune anomalie n'avait été constatée ». Précisant que c'est maintenant à la Haute Cour constitutionnelle de se pencher sur les différents contentieux.

Andry Rajoelina est le troisième candidat à se plaindre du travail de la Ceni. Le 8 novembre, Hery Rajaonarimampianina, qui a dirigé le pays de 2014 à septembre 2018, avait également parlé de « nombreuses irrégularités de vote et anomalies techniques ».

Le 9 novembre, le camp de Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009, avait dénoncé une tentative de fraude et de corruption de la Ceni. Ces accusations ont été démenties par la Ceni.

De leur côté, les observateurs de l'Union européenne et de l'Union africaine avaient exhorté la semaine dernière les candidats à recourir « uniquement » aux voies légales pour dénoncer éventuellement les résultats.

La Haute Cour constitutionnelle doit encore proclamer les résultats définitifs de ce premier tour. Elle a jusqu'au 26 novembre pour le faire. Si elle confirme les résultats de la Céni, Andry Rajoelina affrontera l'ancien président Marc Ravalomanana au deuxième tour prévu pour le 19 décembre.

Madagascar, grande île pauvre de l'océan Indien est régulièrement déstabilisée par des crises politiques et post-électorales depuis son indépendance de la France en 1960.

Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina avaient été les principaux protagonistes de la crise sanglante de 2009, qui avait fait une centaine de morts et s'était soldée par la démission du premier, lâché par l'armée.

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