Afrique: Biens culturels - Le rapport Savoy-Sarr évoque des restitutions définitives

Figurines anthropomorphe (fin du XIXe, début du XXe siècle) dans l’exposition « Madagascar, arts de la Grande Île » au musée du Quai Branly.

Il doit être remis vendredi au président français, mais RFI a pu se le procurer en avant-première. Le rapport sur la restitution des biens culturels africains, rédigé par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, est terminé.

L'universitaire et l'historienne, missionnés par Emmanuel Macron pour réfléchir à cette épineuse question, mettent en avant la nécessité d'une restitution pérenne des œuvres.

« Une des questions à laquelle nous avons immédiatement dû faire face dès le début de la mission », écrivent Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, « est le sens que nous devrions donner au terme restitution ».

Les deux auteurs expliquent avoir été missionnés pour réfléchir à des « restitutions définitives » et « temporaires ». Mais pour eux, la notion de « restitution temporaire » est ambiguë.

Cette formulation, disent-ils, ouvre la porte à des débats d'interprétation. Ce rapport « explore et défend le chemin qui mène aux restitutions permanentes ».

Le document fait également l'inventaire des objets d'Afrique subsaharienne se trouvant au musée du quai Branly à Paris. Cela concerne plus de 70 000 objets au total. Des pièces venant du Mali, de Côte d'Ivoire, du Bénin, du Sénégal ou encore de Guinée.

On trouve aussi des objets venant de pays qui n'ont pas été colonisés par la France, comme l'Ethiopie et le Ghana notamment.

« Nous sommes d'avis que ce patrimoine culturel reçoive la même attention et bénéficie de la même importance dans le processus de restitution que les objets provenant des anciennes colonies françaises », poursuivent Felwine Sarr et Bénédicte Savoy.

Pour mener à bien ces restitutions, ils proposent un changement radical : modifier le code de patrimoine français. Actuellement, loi française ne permet pas à Paris de restituer à un Etat qui en fait la demande une œuvre d'art prise pendant la colonisation.

Il s'agirait donc d'inverser cette tendance. Reste à savoir à présent si Emmanuel Macron décidera de suivre ou non les recommandations des deux experts.

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