Sénégal: La colère de la société civile contre le gouvernement

Au Sénégal, la société civile a affiché son unité avec le mouvement Y’en a marre, Ici Fadel Barro, lors d’une conférence de presse, et affirmé qu’une médiation avec les autorités était en cours pour apaiser les tensions.
21 Novembre 2018

La décision des autorités sénégalaises de mettre fin aux activités de l'ONG Lead Afrique francophone, une ONG proche du mouvement "Yen A Marre", suscite l'ire des organisations de défense des droits de l'Homme.

C'est à travers un arrêté daté du 5 novembre dernier que les autorités sénégalaises ont mis fin aux activités de l'association Lead Afrique francophone, une branche de l'organisation Enda Tiers Monde. Mais ce n'est que la semaine dernière qu'elle a été notifiée de cette décision.

Le pouvoir reproche ainsi à cette association, autonome juridiquement depuis 2013 dans le pays, de conduire des activités qui ne respectent pas ses objectifs de promouvoir l'environnement et le développement durable.

Le ministre sénégalais de l'Intérieur, qui a signé le document, accuse cette association, selon les termes du communiqué, de "participer à des opérations de financement irrégulières d'une association ne bénéficiant pas de la reconnaissance d'utilité publique."

Le gouvernement ne cite pas le nom de cette seconde association mais pour les activistes de la société civile sénégalaise, Lead Afrique Francophone paie ainsi sa collaboration étroite avec le mouvement de contestation Y en a marre, dont elle est soupçonnée d'être l'argentier.

Le mouvement Y en a marre a été créé en 2011 et s'était montré très virulent contre le projet de l'ancien président Abdoulaye Wade de briguer un troisième mandat.

Dans une déclaration commune, une dizaine d'activistes et d'organisations de défense des droits de l'Homme ont dénoncé un "acte grave et inacceptable", accusant le pouvoir sénégalais de "tentatives répétées visant à réduire l'espace public d'expression des citoyens".

La convocation la semaine dernière par la police des responsables d'Open Society for west Africa et Oxfam, proches du mouvement Y en a marre, font craindre une tentative de museler des voix discordantes, à quelques mois de la présidentielle prévue pour le 24 février prochain.

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