Afrique: Le musée du Quai Branly et la restitution des œuvres d'art africaines

Figurines anthropomorphe (fin du XIXe, début du XXe siècle) dans l’exposition « Madagascar, arts de la Grande Île » au musée du Quai Branly.

Emmanuel Macron reçoit demain, vendredi 23 novembre, un rapport attendu sur la délicate question de la restitution des milliers d'œuvres d'art africaines arrivées en France sous la colonisation. C'est le président français lui-même qui avait lancé l'an dernier à Ouagadougou l'idée de ces restitutions, temporaires, ou définitives, en se donnant cinq ans pour les mettre en œuvre.

Le rapport commandé aux universitaires français et sénégalais Bénédicte Savoy et Felwine Sarr arrive donc sur le bureau du chef de l'État français. La presse a déjà pu le lire. Le document propose notamment de modifier le code du patrimoine pour favoriser les restitutions d'œuvres aux États subsahariens. Il évalue à 90 000 le nombre d'objets ramenés d'Afrique et aujourd'hui conservés dans les musées de l'Hexagone. Notamment au musée du Quai Branly.

C'est le musée du Quai Branly qui rassemble, en France, le plus grand nombre d'œuvres d'art africaines : 70 000 pièces. Il faut dire que cet établissement cher à Jacques Chirac s'est créé en 2006 à Paris en regroupant les collections du Musée de l'Homme, du Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie, et du département des Arts Premiers du Louvre.

Le Tchad arrive en tête des pays d'origine de ces œuvres, en quantité, avec plus de 9 000 pièces. Viennent ensuite le Cameroun, Madagascar, le Mali puis la Côte d'Ivoire, le Bénin, l'Éthiopie, le Gabon ou le Congo.

De l'art dogon aux statues fang

Au musée, le parcours Afrique présente au public en permanence près de mille pièces, réparties par région. Parmi elles, bon nombre de chefs d'œuvre. De l'art dogon du Mali aux statues royales mi-homme mi-lion du Bénin, en passant par les peintures chrétiennes d'Éthiopie, les objets magiques du pays Kongo, ou encore les statues kota ou fang du Gabon qui ont tant inspiré les artistes européens du début du XXe siècle.

D'après le rapport de Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, les deux tiers des œuvres sont entrés dans les collections françaises entre 1885 et 1960, sous la colonisation. Certaines sont même le fruit de pillages par les troupes coloniales à la fin du XIXe siècle, comme le trésor de Ségou, ou celui du palais du roi Béhanzin à Abomey au Bénin.

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