24 Novembre 2018

Cameroun: Irresponsabilité - Elle réclame une pension alimentaire à un époux militaire

Pour avoir été répudiée du domicile conjugal il y a près d'un an et abandonnée à son propre sort jusqu'à ce jour, une femme réclame à son mari une somme de 180 mille francs à titre de pension alimentaire pour leurs deux enfants encore mineurs.

« Mon mari m'a bastonné et répudié du domicile conjugal alors que j'étais enceinte de cinq mois seulement. Depuis cet instant, il ne remplit plus ses obligations conjugales visà- vis de moi et de ses enfants. Las d'être un poids supplémentaire pour mes parents, je lui réclame une pension alimentaire. » C'est par cette accusation que Hortense, infirmière de profession, a décrit le comportement de Yannick, son époux et père de ses deux enfants encore en bas âge. Elle s'est présentée devant la barre du Tribunal de premier degré (TPD) de Yaoundé-Ekounou le 14 novembre 2018 pour soutenir sa requête.

Hortense a déclaré au tribunal qu'en date du 5 mai 2018, elle a été victime des violences conjugales alors qu'elle était enceinte de cinq mois. Elle dit avoir été répudiée du domicile conjugal par son époux, et trouvé refuge chez ses parents. « Depuis mon départ de la maison jusqu'à l'accouchement de notre deuxième enfant qui a trois mois aujourd'hui, mon mari ne m'a jamais assisté. Le nouveau né ne prend que du biberon et notre première fille, qui est âgée de 6 ans, va déjà à l'école. L'information claire et nette. J'ai saisi les services sociaux pour essayer de trouver une solution à ce problème, mais mon mari n'a pas bougé le petit doigt. J'ai organisé les réunions de famille, il ne s'est jamais présenté. N'ayant aucune source de revenus pour encadrer nos deux gamins, je me suis tournée vers la justice. Je lui réclame une pension alimentaire de 180 mille francs pour les deux enfants», a-t-elle confié.

Mari exemplaire

Prenant la parole à son tour, Yannick, qui se présente comme un militaire a, au début de son propos, attiré l'attention du tribunal sur le fait que son épouse s'est déjà débarrassée de leur bague de mariage. Répondant aux griefs que lui reproche son épouse, l'homme en tenue s'est défendu en déclarant qu'il a toujours accompli ses devoirs conjugaux. Il a dit au tribunal que sa femme n'exerce aucune activité, et qu'il est le seul à subvenir aux besoins de sa petite famille. Profitant de son instant de parole, il s'est félicité d'être un bon père pour ses enfants et un mari exemplaire vis-à-vis de son épouse. Tout au long de son témoignage, il n'a cessé de l'appeler affectueusement : « madame mon épouse ».

« Si je sors le matin pour aller travailler, si je rentre tard la nuit, et si je cours les risques, c'est pour ma femme et mes enfants. Quand elle est partie du domicile conjugal avec ma première fille, j'ai tout fait pour qu'elle revienne dans son foyer. Mais, mon épouse et sa famille m'ont caché l'établissement scolaire où fréquente ma fille. Malgré cela, j'ai cherché et je suis allé moi-même payer sa scolarité. » Pour confronter ses dires, Yannick a brandi au tribunal les reçus scolaires de sa fillette. « C'est faux, a aussitôt rétorqué Hortense. C'est moi qui ai payé la première tranche et lui s'est chargé de payer la seconde après que j'ai initié ma procédure. Il avait dit que si je ne rentre pas à la maison, il ne va pas payer la pension scolaire de l'enfant. C'est après avoir reçu la convocation du tribunal qu'il s'est précipité pour aller terminer la pension dans le but de préserver son image et convaincre le tribunal de son sens de responsabilité. »

Intruse

Imperturbable dans son témoignage, Yannick accuse sa belle famille, en occurrence sa belle mère, d'être à l'origine des ses déboires conjugaux. « Ma femme m'a abandonné alors que j'étais malade avec la complicité de sa maman parce qu'elle avait l'intention d'aller accoucher en Europe. Je ne connais même pas le nom de cet enfant. J'ai appris par une tierce personne que ma belle famille lui a donné le nom de leur sœur en christ, qui finance leur procédure actuelle. Ma femme a attribué le nom d'une intruse à mon enfant sans mon consentement. Je ne la connais pas, je ne l'ai jamais vue. Elle ne fait pas partir ni de sa famille, ni de la mienne », a- t-il décrié.

Présente dans la salle d'audience, le tribunal a interpelé Brigitte, la mère d'Hortense. Cette dernière a révélé que Hortense, sa fille aînée, n'a jamais été dotée par son époux. Mais cet « acte symbolique » n'a jamais été un frein à leur mariage. Elle dit ne plus reconnaître son beau-fils qui au départ, était pourtant un homme très attentionné. « Je suis une servante de Dieu et ma fille est née dans la prière. J'ai connu cet homme comme étant mon patient. C'est ma fille qui me l'a présenté. C'est quand il a été envoyé en mission en Centrafrique qu'il s'est précipité d'épouser ma fille. L'acte de mariage a été signé dans mon domicile. Aucun membre de sa famille ne s'est présenté à la cérémonie. Jusqu'aujourd'hui, je ne connais pas sa mère, je ne l'ai jamais vue. Après leur mariage, il a interdit à son épouse de venir prier avec moi à la maison. C'est quand il est rentré de sa mission en Centrafrique qu'il a changé.

Le 5 mai 2018, je suis arrivée dans leur domicile et j'ai trouvé ma fille mourante. Elle baignait dans du sang. Ne pouvant pas l'abandonner dans cet état critique, je l'ai ramené à la maison avec l'aide de son père. Depuis cet instant, mon beau-fils ne s'est plus jamais présenté à moi pour venir récupérer sa famille. Il ne s'occupe pas d'eux. C'est moi qui ai demandé à ma fille de saisir les services sociaux pour obtenir de son mari une pension alimentaire», a-t-elle déclaré. L'audience a été suspendue et reprend le 12 décembre 2018 pour la production du procès-verbal (PV) des services sociaux et la comparution des témoins de Yannick.

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