28 Novembre 2018

Mali: L'émigration, les jeunes en parlent à Kayes

Quel avenir pour la jeunesse de la première région administrative du Mali ? La question est au cœur d'un débat organisé par la DW en partenariat avec Radio Kledu.

Crise de l'emploi et tentation d'aller voir ailleurs : voici deux réalités auxquelles les jeunes de Kayes, dans l'ouest du Mali font face. Cette localité est située à près de 500 kilomètres dans nord-ouest de Bamako.

La région de Kayes est considérée comme une chance pour le Mali, en raison de la richesse de son sous-sol. Pourtant, c'est elle qui assiste au départ du plus grand nombre de ses ressortissants vers l'exil.

Le grand débat

C'est la Chambre de commerce et d'industrie de Kayes, situé au centre-ville, qui accueille ce débat autour de l'emploi des jeunes ou encore de l'immigration.

Certains à l'image d'Ali Dougnon, enseignant et membre de l'association "Kayes pour Nous", se sont prononcés sur le départ massif des jeunes Kayesiens.

"Ici à Kayes, c'est liée souvent à la rivalité sociale. C'est à cause de cette rivalité sociale que la majeure partie des jeunes partent à l'aventure. Certains vivent difficilement là-bas, ils ont envie de retourner, mais ils ne savent pas comment revenir. Cette rivalité sociale a fait que les jeunes préfèrent la mort dans l'aventure que de rester ici", selon Ali Dougnon.

Les pesanteurs sociales seraient donc un facteur non négligeable dans cette envie de quitter des jeunes de Kayes, en quête d'une vie meilleure.

La thèse trouve un écho favorable auprès de Mahamadou Diouara, sociologue et un des panelistes du débat organisé par la DW.

"L'immigration, sinon l'émigration on va dire, est considérée en milieu soninké (une ethnie du Mali, celle dont les membres migrent le plus, ndlr) comme une sorte d'étape initiatique. C'est comme le moyen pour un homme, surtout un jeune homme, de découvrir le monde, de prouver ses valeurs. C'est le moyen aussi de prouver aux autres qu'on peut, dans un environnement hostile, réussir à se réaliser."

Pour se réaliser sur place, les solutions alternatives ne manquent pas. Mais elles restent lettres mortes pour l'instant, au détriment des jeunes de Kayes.

"Il faut des formations en entreprenariat et surtout accompagner les jeunes. Il y en a certains qui ont vraiment des idées pour entreprendre mais ils manquent d'accompagnement, ils manquent de bonnes orientations. Donc il faut que l'Etat réfléchisse dans ce sens et que les jeunes aussi pensent de plus en plus à prendre leur destin en main", estime Aminata Nahalie Sidibé, activiste et l'une des panelistes du débat.

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